VERVIERS

Enodia: Targnion va démissionner de son mandat d’administratrice

Enodia: Targnion va démissionner de son mandat d’administratrice

Muriel Targnion a annoncé qu’elle allait démissionner complètement de l’intercommunale Enodia. ÉdA Philippe Labeye

La bourgmestre l’a annoncé lundi soir: elle va démissionner de son mandat d’administratrice de l’intercommunale Enodia.

«Je vais me dégager entièrement de l’ensemble de l’intercommunale», a déclaré la bourgmestre de Verviers avant le début des questions et interpellations des conseillers communaux en la séance de lundi soir qui aura duré plus de quatre heures. L’intercommunale Enodia (ex-Publifin) a une nouvelle fois été sujet à toutes les critiques, les questions, les reproches, les colères. «Je suis démissionnaire», dit-elle. Démissionnaire de la présidence de l’intercommunale depuis peu et bientôt de son mandat d’administratrice, à la prochaine assemblée générale. «J’aurais voulu pouvoir démissionner aujourd’hui. Mais on n’a pas encore trouvé quelqu’un pour me remplacer (NDLR: à la présidence). Il faut dire qu’on ne se bat pas vraiment pour ce poste.»

Muriel Targnion a également souligné le «caractère difficile» de la situation vécue vendredi dernier, avec la perquisition à son domicile, en présence de sa fille. Elle s’est par ailleurs réjouie qu’«une vérité juridique» puisse voir le jour des suites de ces différentes procédures qui se sont accélérées ces derniers temps et elle a rappelé qu’une «perquisition ne présage en rien une infraction» et qu’elle «ne souhaitait plus s’exprimer sur le sujet».

Une annonce qui s’est suivie d’une proposition de délibération par la voix de Marc Elsen, conseiller communal de l’opposition cdH, qui a réclamé, à travers un projet de délibération, l’annulation pure et simple de la décision de désignation de Muriel Targnion (prise en séance du conseil communal du 2 septembre) en qualité de candidate-administratrice de la Ville au conseil d’administration d’Enodia.

«Tous les regards sont aujourd’hui portés sur la présidence d’Enodia qui a présenté sa démission sous les pressions de toutes parts, dit-il. Les implications sur l’image de la Ville de Verviers sont malheureusement évidentes. […] L’image clairement affaiblie de l’ex-présidente d’Enodia doit l’amener à quitter dès maintenant les instances de cette intercommunale, de poser un geste fort, aujourd’hui: ce qui lui permettra aussi de se concentrer aujourd’hui sur les défis verviétois.»

Dans la foulée et en conséquence, le cdH a demandé que soit présenté(e) un(e) nouveau/nouvelle candidat(e) pour la remplacer. Impossible, précise la directrice générale de la Ville de Verviers: «Pour retirer cette décision de désignation, elle doit être illégale. Or rien ne permet de dire qu’elle l’est.» De plus, «je ne peux pas démissionner et décider comme ça, lance la bourgmestre. Et ce ne sera peut-être même pas un Verviétois qui me remplacera.»

Le conseil a donc dû se prononcer sur le rejet de ce projet de délibération, à 23 pour et 11 contre.

Du côté du parti d’opposition PTB, Laszlo Schoonbroodt a dit ne pouvoir «se réjouir de cette vérité judiciaire qui n’amènera pas de réponses avant très longtemps».

Écolo a également ajouté qu’il était du «droit de la bourgmestre de choisir de ne plus vous exprimer mais cela n’enlève rien à notre droit de continuer de nous exprimer sur le sujet». S’en est suivi un brouhaha de répliques stoppées par la présidente du conseil, Stéphanie Cortisse (MR): «Vous savez ce qui donne une mauvaise image de Verviers? C’est ce conseil communal depuis deux mois, tous partis confondus.»