RUGBY

VIDÉO | Le coup de sang qui coûte la demi-finale de la Coupe du monde au XV de France

En donnant un énorme coup de coude dans le visage du Gallois Aaron Wainwright, Sébastien Vahaamahina, l’un des joueurs français les plus expérimentés, a précipité, ce dimanche, l’élimination du XV de France à la Coupe du monde de rugby.

Et si les Bleus, plutôt que de prendre la pénaltouche, avaient opté en début de seconde période pour la pénalité, bien placée, qui aurait pu leur permettre de compter douze points d’avance alors qu’ils menaient 19 à 10?

Une décision lourde de conséquences puisque, sur le ballon porté enclenché en suivant, Vahaamahina a perdu ses nerfs, assénant un violent coup de coude au visage du troisième ligne gallois Aaron Wainwright qui l’enserrait (49e).

Résultat: un carton rouge logique, qui a laissé les Bleus en infériorité numérique pendant trente minutes.

 

 

Que s’est-il passé dans la tête du colosse de Nouméa, âgé de 27 ans (2,03 m, 122 kg), pourtant l’un des cadres de cette équipe, qui a connu la première de ses 46 sélections en 2012? Et a récolté son premier carton rouge avec le maillot frappé du Coq au pire moment?

Wainwright l’ignore: «J’étais dans le maul et il m’a attrapé pour démarrer. J’essayais d’attirer l’attention de l’arbitre alors qu’il me tirait (ce premier geste était déjà répréhensible, NDLR). Ensuite le coude est arrivé et j’ai été un peu surpris que l’arbitre ne le voie pas. Heureusement, l’arbitre vidéo l’a signalé.»

Le pilier gauche des Bleus Jefferson Poirot non plus: «Je ne sais pas. Il s’est excusé, il était très ému, mais en parler à chaud c’est difficile et je ne peux pas parler pour lui.»

Le 2e carton rouge de sa carrière

Sébastien Vahaamahina ne s’est pas présenté en zone mixte, mais on peut souscrire à la thèse de son coéquipier à Clermont et en équipe de France Camille Lopez: «Il a pété les plombs, point!»

Homme discret et réservé hors du terrain, Sébastien Vahaamahina se mue en joueur féroce une fois les crampons mis.

Sans pour autant souvent perdre ses nerfs, mais cela lui arrive. Comme le 28 avril 2018 avec l’ASM à Agen en Top 14, où il avait été exclu définitivement pour la première fois de sa carrière, pour un coup de poing.

Avant d’adresser au public un doigt d’honneur, récoltant au total trois semaines de suspension, qui l’avaient privé de la tournée des Bleus en juin en Nouvelle-Zélande.

Dans un entretien paru dans le quotidien «L’Équipe» de ce jeudi, il était justement revenu sur cet épisode: «J’ai honte. De l’expulsion et du doigt d’honneur adressé au public d’Agen à ma sortie du terrain. On m’insultait, et j’ai pété les plombs, j’ai répondu. J’ai des grandes mains, des grands doigts, on le voit bien sur mon geste.»

«De la part d’un joueur pro, international, ça ne se fait pas (...) Ce n’est même pas un comportement d’homme, ça. Montrer une image comme ça, c’est très moche», ajoutait-il.

 

Les coéquipiers au soutien

Ce dimanche, ses coéquipiers, à l’image de Poirot, n’ont pas souhaité l’«accabler». «Quand on gagne, c’est tous ensemble», dans la défaite aussi», a ajouté Poirot.

«Il s’est excusé car c’était un geste à ne pas faire mais ça arrive. On est tous des humains» a embrayé Rabah Slimani.

Lopez lui-même estime que ce n’est «en aucun cas de sa faute». «C’est un fait de jeu, ça fait partie de l’histoire du rugby» a poursuivi l’ouvreur, pour qui, même après l’exclusion, les Bleus étaient «encore dans le match». Jusqu’à quatre minutes de la fin.

 

C’est un fait de jeu, ça fait partie de l’histoire du rugby.

 

«On a encore des occasions. On n’a pas su marquer» a ajouté l’ouvreur.

«Ça ne nous a pas dérangés tant que ça. C’est sûr que ça a dû remotiver les Gallois, mais ils se sont heurtés à un mur. On perd ce match sur des erreurs» a abondé Slimani.

Le doute est cependant largement permis, Poirot l’a reconnu: «Peut-être que ça nous aurait aidés (de jouer à quinze), peut-être que ça n’aurait rien changé». Le carton rouge de Vahaamahina n’a pas fini de tourner dans les têtes bleues.