EUROPE

Jean-Claude Juncker: «Si l’UE veut être respectée dans le monde, elle doit respecter ses promesses»

Jean-Claude Juncker: «Si l’UE veut être respectée dans le monde, elle doit respecter ses promesses»

- BELGA

L’Union européenne «doit respecter ses promesses, si elle veut être respectée à travers le monde», a déclaré vendredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, après avoir qualifié de «lourde erreur historique» le blocage de l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

Jeudi soir, les 28 ne sont en effet pas parvenus à s’entendre afin de permettre le début de discussions avec Skopje et Tirana. La Commission européenne avait pourtant reconnu que ces deux pays étaient prêts pour entamer le long parcours d’obstacles vers l’adhésion.

La France, à la tête de quelques États membres récalcitrants, n’a toutefois rien voulu entendre. Paris a réclamé une révision complète du processus d’adhésion avant l’ouverture de nouveaux pourparlers. Les Pays-Bas et le Danemark ont, eux aussi, rejeté l’entame de négociations.

Juncker mécontent

Le refus de ces États, fustigé par Jean-Claude Juncker lors d’une conférence de presse, a également été déploré par le président du Conseil européen, Donald Tusk. «Je pense que c’est une erreur», a commenté le Polonais, appelant les Macédoniens et les Albanais à ne pas renoncer à leur désir d’intégration européenne.

M. Tusk a ensuite affirmé espérer qu’il ne s’agirait que d’une «crise de courte durée» pour l’UE et pas de la fin du processus pour ces pays balkaniques.

«Une solution doit être trouvée avant mai 2020», date à laquelle un sommet consacré aux Balkans occidentaux se tiendra à Zagreb, a-t-il poursuivi.

Une absence de consensus pointée du doigt

Vendredi matin, plusieurs États membres ont déploré l’absence de consensus sur cette question, tout en insistant sur la nécessité de ne pas décourager des pays méritants, sans quoi ceux-ci pourraient être déstabilisés et basculer dans un autre camp par dépit.

«De nombreux autres acteurs» tentent de jouer un rôle dans cette région, a notamment mis en garde le Premier ministre belge, Charles Michel, qui reprendra ce dossier dès décembre en tant que président du Conseil européen.

Un avertissement similaire a été exprimé, plus explicitement, par le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov. Si l’Europe se détourne des Balkans, des États comme la Russie, la Chine et la Turquie en profiteront, a-t-il lancé.