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Erdogan menace de reprendre l’offensive en Syrie si l’accord n’est pas respecté, Trump tempère

Erdogan menace de reprendre l’offensive en Syrie si l’accord n’est pas respecté, Trump tempère

Image d’illustration. AFP

Les actions menées par les troupes de Recep Tayyip Erdogan pourraient reprendre dès mardi soir. De son côté, Donald Trump affirme que son homologue turc est déterminé à ce que la trêve soit appliquée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti vendredi que l’offensive dans le nord-est de la Syrie reprendrait dès mardi soir si les forces kurdes ne se retirent pas de ce secteur comme prévu dans l’accord de trêve.

«Si les promesses sont respectées d’ici mardi soir, la question de la zone de sécurité aura été résolue. Faute de quoi, l’opération Source de Paix reprendra dès que le délai de 120 heures expirera», a déclaré M. Erdogan lors d’une conférence de presse.

De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé vendredi que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lui avait assuré qu’il était déterminé à ce que la trêve en Syrie annoncée jeudi soit appliquée.

«Je viens de parler au président Erdogan […] Il m’a dit qu’il y avait eu des tirs de mortier mineurs […] qui ont été rapidement supprimés […] Il veut vraiment que le cessez-le-feu, ou la trêve, fonctionne», a tweeté M. Trump.

En stand-by depuis jeudi

Aux termes d’un accord arraché jeudi par le vice-président américain Mike Pence lors d’une visite à Ankara, la Turquie a accepté de suspendre pour cinq jours son offensive lancée le 9 octobre, et d’y mettre fin si les forces kurdes des YPG, considérées comme «terroristes» par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

«Nous avons fixé une limite: 120 heures à l’expiration desquelles cette région doit être nettoyée des groupes terroristes», a ajouté M. Erdogan.

L’accord prévoit aussi la mise en place d’une «zone de sécurité» de 32 km de largeur en territoire syrien.

M. Erdogan a répété vendredi que cette zone devrait «s’étendre en longueur sur 444 km» et pas seulement dans les zones dont les forces turques ont déjà pris le contrôle en territoire syrien, à savoir 120 km entre les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn.

Il a aussi affirmé qu’une partie des quelque 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie seraient installés dans cette «zone de sécurité».

140 villages prévus pour 5 000 habitants

Afin d’héberger ces réfugiés «nous prévoyons d’y construire 140 villages avec 5 000 habitants pour chaque village et 10 districts avec une population de 30 000 pour chaque district», a-t-il affirmé

Il a en outre assuré que la Turquie n’avait pas l’intention de rester indéfiniment dans le nord de la Syrie. «Nous n’avons pas l’intention d’y rester, c’est hors de question», a-t-il dit.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni réagissent

Emmanuel Macron a annoncé vendredi une «initiative commune» avec Angela Merkel et Boris Johnson pour rencontrer «prochainement» le président turc Recep Tayyip Erdogan sur l’offensive de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

À l’issue d’un sommet européen à Bruxelles, le président français a précisé qu’il prévoyait avec la chancelière allemande et le Premier ministre britannique de «voir» dans «les prochaines semaines» le président Erdogan, «sans doute à Londres».

Il n’a pas précisé quand se tiendrait cette réunion alors qu’un sommet de l’OTAN est prévu début décembre dans la région de Londres.

«Il est important que nous puissions nous réunir et nous coordonner», notamment pour voir comment «ramener la Turquie à des positions plus raisonnables», a-t-il ajouté, plus d’une semaine après le début de l’offensive turque contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Pour Emmanuel Macron, «ce qui se passe» dans le nord de la Syrie est «une faute lourde de l’Occident et de l’OTAN dans la région», qui interroge sur «le fonctionnement» de l’Alliance atlantique, dont la Turquie est l’un des membres.

«Cela affaiblit durablement notre crédibilité», a-t-il ajouté.