Sommet européen - L'élargissement et la Turquie sur la table du Conseil

(Belga) Après avoir validé l'accord de dernière minute conclu entre négociateurs européens et britanniques sur le Brexit, les chefs d'État et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles ont repris en soirée le cours de leur réunion en abordant les perspectives d'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie. La Turquie devrait aussi être au menu vespéral des dirigeants européens.

Si le Brexit se concrétise, il conduira à un rétrécissement de l'UE que l'adhésion des deux petits pays des Balkans occidentaux compenserait partiellement. Mais là n'est pas vraiment la question. La Commission européenne a reconnu récemment que les deux pays étaient prêts pour entamer le long parcours d'obstacles vers l'adhésion. Une majorité d'Etats membres semble en convenir. Mais la France conteste cette analyse. Elle affirme que les critères fixés en juin 2018 ne sont pas rencontrés. Mardi, elle a été le seul Etat membre à refuser un compromis consistant à entamer tout de suite les discussions sur l'adhésion avec la Macédoine du Nord et à reporter la décision sur l'Albanie à mars 2020, selon un diplomate. Le dossier a donc été renvoyé aux débats entre chefs d'État et de gouvernement, qui l'abordent depuis peu après 19h00. Un débat "dur et hyper-politique", selon les prévisions d'un autre diplomate. La France remet même en question la procédure d'adhésion. Derrière cette "fatigue de l'élargissement", d'aucuns soupçonnent le président Macron de ne pas vouloir froisser un électorat hostile. Les Pays-Bas seraient eux aussi récalcitrants. D'un autre côté, beaucoup de pays se montrent soucieux de ne pas décourager des pays méritants, ce qui pourrait déstabiliser les Balkans et faire basculer des voisins dans un autre camp, par dépit. Ils plaident donc pour leur ouvrir une perspective d'adhésion. La Belgique, elle, ne voit pas d'obstacle à ouvrir des négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord, mais se range aux côtés de l'Allemagne pour repousser la décision sur l'Albanie. Mercredi, le Premier ministre nord-macédonien Zoran Zaev a mis en garde contre la perte de crédibilité qui menace l'UE si elle n'ouvre pas le processus d'adhésion avec son pays, lui qui avait montré il y a quelques mois toute sa volonté en parvenant à un accord très attendu avec la Grèce sur son nouveau nom. L'autre sujet chaud de la soirée est la Turquie. Les dirigeants européens doivent formuler une réaction à l'offensive turque dans le nord de la Syrie contre les combattants kurdes. Les Etats membres avaient déjà condamné cette action unilatérale lundi et marqué leur volonté de ne plus livrer d'armes à ce pays, pourtant allié au sein de l'OTAN. En début de soirée, le dossier a connu une avancée majeure avec l'annonce par les Etats-Unis et la Turquie de la suspension de l'offensive turque pendant cinq jours et de la volonté d'y mettre fin si les forces kurdes se retirent de ce secteur durant ce délai. (Belga)