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Les forces kurdes en Syrie prêtes à respecter un cessez-le-feu avec la Turquie

Les forces kurdes en Syrie prêtes à respecter un cessez-le-feu avec la Turquie

AFP

Les forces kurdes en Syrie sont prêtes à respecter une initiative de cessez-le-feu dévoilée jeudi soir par Washington et Ankara, a annoncé le commandant d’une alliance de combattants kurdes et arabes qui résiste à l’offensive lancée par la Turquie dans le nord syrien.

«Nous sommes prêts à respecter le cessez-le-feu», a annoncé en kurde le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS) Mazloum Abdi, lors d’une intervention téléphonique sur la chaîne de télévision kurde Ronahi.

Jeudi soir à Ankara, le vice-président américain Mike Pence a annoncé que la Turquie allait suspendre pendant cinq jours son offensive en Syrie voisine et y mettre fin si les forces kurdes se retiraient d’un secteur frontalier durant ce délai.

Les forces kurdes devront se retirer d’un secteur d’une profondeur de 32 km censé se transformer à terme en «zone de sécurité» pour laquelle la Turquie milite depuis des mois.

Ankara n’a pas immédiatement précisé la longueur de ce secteur, tandis que par le passé le président turc Recep Tayyip Erdogan avait menacé de pousser son offensive sur près de 480 km, jusqu’à la frontière avec l’Irak.

Le cessez-le-feu concerne le territoire entre Ras al-Aïn et Tal Abyad, a toutefois souligné le commandant en chef des FDS, précisant que le sort des autres régions sous contrôle kurde n’a pas été discuté.

Le secteur entre Ras al-Aïn et Tal Abyad, un territoire à la frontière avec la Turquie qui s’étale sur près de 120 kilomètres, correspond aux régions conquises par les forces turques et leurs supplétifs syriens à la faveur de leur offensive lancée le 9 octobre dans le nord de la Syrie.

Si Tal Abyad a été conquise par les forces turques, les combats se poursuivent ces derniers jours à Ras al-Aïn où les forces kurdes livrent une résistance farouche.

Le commandant Abdi a assuré que Washington avait pour devoir «d’empêcher un changement démographique dans la région, et (d’assurer) le retour des habitants dans leurs maisons».

L’offensive lancée par la Turquie a fait plus de 300.000 déplacés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’objectif affiché de l’opération d’Ankara est entre autres d’installer dans une «zone de sécurité» le long de sa frontière une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens en Turquie.