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VIDÉO | «Si ça ne vous plaît pas, vous pouvez retourner à Kinshasa»: scène de racisme ordinaire de la part d’un policier de la police des chemins de fer

VIDÉO | «Si ça ne vous plaît pas, vous pouvez retourner à Kinshasa»: scène de racisme ordinaire de la part d’un policier de la police des chemins de fer

La vidéo des faits fait le tour de la toile. Twitter

Joshua Twambilangana, un jeune Liégeois de 23 ans, a été pris à partie par un contrôleur de la SNCB et par un policier des chemins de fer. Son tort? A priori, il est black. Et ça ne plaisait apparemment pas au policier qui a eu des paroles complètement inadéquates.

«Si ça ne vous plaît pas vous pouvez retourner à Kinshasa, ça fait 3 x que je vous le dis». Autant dire que ces paroles-là risquent de rester en travers de la gorge de ce policier de la police fédérale des chemins de fer.

Les faits: Joshua Twambilangana, un jeune Liégeois de 23 ans, né à Kinshasa (comme sa carte d’identité l’indique) revient de Londres. Il a acheté un billet Londres-Bruxelles-Liège. Sa correspondance pour Liège part de Bruxelles à 5 h du matin, ce 16 octobre. Mais il est à Bruxelles juste à temps pour prendre le dernier train du soir vers la cité ardente.

Mal lui en prend. Le contrôleur de la SNCB, apparemment déjà échauffé par un autre passager, lui signale que son billet n’est pas valable (ce n’est pas la bonne date, pour quelques minutes). La SNCB précise que c’est alors le voyageur, lui-même, qui demande à l’accompagnateur de train d’aller chercher les deux policiers qui se trouvent dans le wagon. C’est alors que la situation dérape.

Au moins un passager filme cette scène surréaliste (vidéo dans le tweet ci-dessous). Une dame signale au policier que son comportement est «raciste». Rien n’y fait. À Waremme, Joshua est débarqué du train où six autres policiers l’attendent.

Comité P

Le jeune homme ne compte pas en rester là. Il va déposer plainte auprès du Comité P. Une plainte appuyée par le témoignage de cinq autres passagers et par cette vidéo éloquente postée sur les réseaux sociaux.

Du côté de la police fédérale, que nous avons contactée cet après-midi, on nous signale que «la direction de la police fédérale a pris connaissance de cette vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Le collègue a été identifié et une enquête est ouverte». Et d’ajouter que la police fédérale ne peut tolérer de tels propos. «Nous sommes par contre conscients que cette vidéo est un instantané d’une intervention, qu’elle n’est pas contextualisée (il manque le début des échanges, avant que cela ne tourne au vinaigre). En fonction des résultats de l’enquête, des mesures disciplinaires seront prises.» Des mesures et sanctions sur lesquelles la police fédérale ne donne pas plus de détails.

Ce matin, Joshua a tenu à revenir sur les faits et a posté cette vidéo sur son compte Instagram:

On se souvient aussi de cette autre affaire récente de racisme «ordinaire» lorsque Dieumerci Ndongala, joueur de football de Genk, avait été malmené par des policiers appelés par la gérante d’un magasin H&M. Pour délit de sale gueule, donc. Des faits écœurants qui prouvent une fois encore le mal profond dont souffre notre société: la banalisation du racisme et le rejet de l’autre.

Les précisions de la SNCB

Suite au tollé provoqué par cette affaire, la SNCB a également réagi par l’intermédiaire de sa porte-parole. «Concernant la validité ou non du titre de transport de cette personne, nous avons pris connaissance des faits et nous nous renseignons en interne», explique Elisa Roux, avant d’ajouter que «tout propos raciste est évidemment inacceptable.»

La SNCB en profite également pour préciser la procédure générale à appliquer lorsqu’un titre de transport n’est pas valide. «Lorsqu’une personne ne dispose pas d’un titre de transport valide, l’accompagnateur lui demande de se régulariser avec un billet au tarif à bord (prix du trajet + 7€). Si la personne refuse de se régulariser, l’accompagnateur lui remet un C170 (amende de 75€). Pour cela, il faut la carte d’identité du voyageur. Si le voyageur refuse de présenter sa carte d’identité, l’accompagnateur fait alors appel à la police, habilitée à demander des cartes d’identité. Ceci est la règle générale», ajoute Elisa Roux.