JUDICIAIRE

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux

Belga

Mère et fille escrocs; le jardinier bichonne près de mille plants de cannabis; une clôture de 1,7 km en plein bois: «Une horreur écologique»… Voici ce qui s’est passé dans nos tribunaux ces dernières semaines.

Conflit de voisinage, vol, infraction au code de la route, agression, autant de motifs de se retrouver face au tribunal. S’il existe une multitude d’alternatives pour l’éviter, force est de constater que nos tribunaux sont pleins. Face à ces hommes et ces femmes pris en défaut: un juge. À lui de jauger les arguments de chacun pour ensuite opter pour la compréhension, le sermon et parfois la punition.

Mais il faut bien reconnaître que parfois, il est difficile de détecter la sincérité de la mauvaise foi. En effet certains usent de fourberie quand ils font face au tribunal. Toutes les excuses sont bonnes.

L’Avenir vous invite à découvrir ces scènes de la vie judiciaire.

Découvrez notre sélection du meilleur du pire de vos tribunaux.

 

1Mère et fille, escrocs sur internet

 

Septante personnes flouées au hasard des préventions de faux et d’escroquerie. De petits montants qui représentent quand même 15 576€…

Les Wavriennes Olivia, 28 ans, et sa mère Josette, 72 ans, n’ont pas daigné répondre à l’invitation du parquet qui les a citées à comparaître afin de tenter de justifier les délits commis à répétition sur internet de mai 2016 à septembre 2017.

Et ces délits se poursuivent, ainsi que le ministère public l’a souligné d’entrée de réquisitoire, mais il a bien fallu en quelque sorte saucissonner toutes les arnaques, car les victimes auraient pu se demander si la justice ne mettait pas une couverture de laine sur ce dossier.

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2Un grand propriétaire forestier gesvois a édifié une clôture de 1,7 km en plein bois: «Une horreur écologique»

 

La propriété d’Arville s’étend sur plus de 700 hectares. Majoritairement boisée, cette zone comprise entre les villages de Courrière, Sart-Bernard et Faulx – Les Tombes constitue donc un incroyable terrain de chasse.

En novembre 2015, Guillaume de Liedekerke décide de construire une clôture de quelque 1 700 mètres à l’une des extrémités de sa propriété. «Parce que c’était tout simplement mon droit», expliquera-t-il aux enquêteurs et répétera-t-il hier au juge Thomas Henrion. Cette clôture est haute de deux mètres et le grillage est de type «Ursus».

Cette édification ne fait pas le bonheur de tout le monde. La propriété voisine, d’un peu plus de cent hectares, est également boisée. «Et si mes clients veulent respecter la législation, ils se voient alors privés d’un droit: celui de chasser», précisera après l’audience Me Devaux, pour les parties civiles. On ne chasse pas dans une zone qui est clôturée.

C’est là en effet que se situe le cœur du problème. «Une clôture de 1,7 kilomètre au cœur d’une forêt, c’est une horreur écologique, une horreur éthique», dénonce Stéphane Herbay, pour le procureur du roi.

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3Le car-jacking du futur assassin

 

La police scientifique permet d’élucider l’auteur d’un car-jacking sauvage qui, un an après, assassina en pleine rue un de ses concitoyens.

Ainsi que vous l’avez lu dans notre édition du 17 septembre, on a reparlé de Bilal Senhaji qui, le 16 novembre 2015, en pleine rue de la cité Germinal à Quenast, abattit Salvatore Falzone venu s’interposer entre lui et un de ses frères. Une balle dans le thorax, tirée quasiment à bout portant par un homme qui avait prémédité son acte.

Le 28 février 2017, la cour d’assises de Nivelles lui infligea 25 ans de réclusion, une peine qu’il purge et qui ne tient pas compte d’un autre fait de violence armée, commise par le même individu le 24 octobre 2015 à un carrefour de Rebecq.

+ « Je ne comparaîtrai pas »

 

410 mois de prison pour un allergique à la police

 

Dire que Christophe est revêche à l’uniforme policier relève de l’euphémisme. À tel point que l’on pourrait presque parler d’allergie dans le chef de cet habitant d’Yvoir, âgé de 36 ans. Car comment expliquer autrement les faits qui lui sont reprochés.

Ils remontent (notamment) au 24 janvier 2017. Christophe circule à Liège à bord d’une Citroën XM lorsqu’il aperçoit un contrôle de police. Il décide d’y échapper, appuie sur le champignon et adopte une conduite à ce point dangereuse qu’il occasionne un accident avec des tiers. Non content, il tente de reprendre la fuite malgré l’injonction des policiers.

Ce n’est pas tout…

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5Le jardinier a bichonné près de mille plants de cannabis

 

Un jardinier peu bavard a admis avoir bichonné les 995 plants de cannabis, mais pour qui? Son coprévenu se défend de toute implication.

Le 10 mai dernier, une descente de police permet de mettre au jour une importante plantation de cannabis à Perwez. La maison, en mauvais état, est louée depuis le 5 février. À qui? Un homme qui a présenté des papiers d’identité italiens… On n’en saura pas plus. Ces papiers étaient des faux.

Sur place, un seul homme est interpellé. Marko est Albanais. Il a débarqué en Belgique quelques mois auparavant et on lui a proposé de gagner 5 000€ en deux mois. Il a dit oui. Sans hésiter.

Marko, 24 ans, comparaissait détenu à l’audience de mardi 15 octobre. Une traductrice à ses côtés. Comme il l’avait fait le jour de son premier interrogatoire, il a confirmé sa participation et son rôle de jardinier. Il dormait dans la cuisine, la seule pièce non envahie par les plantations, et il ne sortait que pour aller se chercher à manger à l’Aldi le plus proche. Il a également répété qu’il ne parlerait pas plus, parce que cela pourrait lui causer des ennuis. Il a peur des représailles…

Il en a profité pour tenter de disculper son coaccusé, également détenu, mais sous bracelet électronique, lui.

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62«Une séparation explosive»

 

Grégory, 38 ans, a mal supporté la séparation avec Lucie. Ce dernier s’est introduit chez elle.

L’homme est poursuivi devant la justice pour 5 préventions. Le 21 février dernier, il menace son beau-frère de bouter le feu à son habitation lors d’une dispute. Le 11 mars 2019, il se rend chez Lucie, son ex-compagne, qui habite à la rue des Capucins à Gosselies. Le couple a vécu une relation durant quelques mois, mais vient de se séparer. Le prévenu rend visite pour récupérer ses affaires, notamment des outils qui lui servaient à effectuer des travaux au domicile de sa copine. «J’ai été invité et j’ai frappé à la porte avant d’entrer», explique Grégory. Pourtant, il est soupçonné d’une violation de domicile. Il aurait également porté des coups et blessures sur Lucie mais l’homme signale avoir saisi le pied-de-biche des mains de la victime, pour se protéger. Anne-Marie, la mère de Lucie, intervient sur les lieux et une altercation éclate. Son ex-belle-mère déclare avoir eu des coups du prévenu.

En repartant des lieux, il reconnaît avoir cassé trois carreaux avec un caillou et son pied-de-biche.

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72.000 plants de cannabis cultivés par deux Carolos et un Bruxellois: «On croyait que c’était autorisé»

 

En répétant sans cesse: «On croyait que c’était autorisé!», les trois prévenus de ce dossier ont voulu prendre les enquêteurs pour des naïfs. Et ça n’a pas marché. Le Bruxellois et les deux Carolos ont été inculpés et condamnés.

Pas moins de deux mille plants de cannabis ont été découverts dans un grenier commun à deux maisons jumelées, en région bruxelloise. C’était du travail de professionnel: des centaines de bacs, éclairés par des lampes solaires qui les surmontent, des sillons d’arrosage et tutti quanti.

Ce dossier a atterri dans les mains de la brigade des stupéfiants de la capitale, tuyautée par un indicateur codé. Ce dernier avait donné l’adresse de la cannabiculture et le nom du Bruxellois de l’équipe. L’informateur ne connaissait pas les autres noms mais il avait affirmé qu’il s’agissait de Carolos. Les limiers des stups n’ont pas été déçus quand ils sont arrivés sur place!

+ Des GSM bourrés de SMS codés mais qui ne bernaient personne

 

8Tabassé pour avoir traversé la route

 

Le 24 mars dernier, à Gosselies, Kevin se balade avec sa copine et traverse sur un passage piéton. Un véhicule, conduit par le prévenu, lui coupe la route. Kevin lance «un bravo» à Amaury, le conducteur, pour son comportement. Ce dernier s’arrête plus loin et fonce sur la victime, l’agressant en lui portant plusieurs coups.

Amaury reconnaît également des menaces écrites sur Sekou et Geoffrey via Facebook. «Mais je ne suis jamais passé à l’acte», précise le prévenu.

La partie civile ainsi que le ministère public partagent le même point de vue sur l’agression gratuite dont a été victime Kevin.

+ «Il a déjà bénéficié de toutes les mesures de faveur possible et se trouve même en récidive »

 

9Le faux photographe de «The Voice» a récidivé

 

Un Amaytois de 49 ans encourt une peine de cinq ans de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Liège pour avoir, en récidive, créé un faux profil Facebook et avoir fait chanter des fillettes pour obtenir des photographies dénudées et les pousser à se violer devant leur webcam. Il doit répondre de dix préventions d’attentats à la pudeur, de viol, avoir communiqué par internet avec un mineur et avoir menti sur son identité pour commettre des délits.

L’homme est bien connu de la justice. Il a même déjà été condamné, écopant de cinq ans de prison avec sursis partiel pour avoir abusé de 53 jeunes filles. Il s’était, en effet, fait passer pour le photographe de «The Voice» pour obtenir des photos dénudées de jeunes filles. Il avait créé plusieurs faux profils. Entre sa comparution devant le tribunal et le jugement, il a donc récidivé.

+ «Un prédateur sexuel »