JUSTICE

Marc Dutroux: une nouvelle expertise psychiatrique réclamée

Marc Dutroux: une nouvelle expertise psychiatrique réclamée

Les avocats de Marc Dutroux demandent que l’on désigne un collège de cinq experts psychiatres pour évaluer son état mental actuel. AFP

Les avocats de Marc Dutroux demandent une nouvelle expertise psychiatrique. Dans l’optique d’une libération conditionnelle de leur client.

Marc Dutroux comparaîtra jeudi matin devant le tribunal de l’application des peines (TAP) de Bruxelles, qui siégera à huis clos à la prison de Nivelles.

L’audience sera consacrée à l’examen de la demande des avocats du détenu. Ils souhaitent qu’une nouvelle expertise psychiatrique de leur client soit réalisée. La requête s’inscrit dans la constitution d’un dossier pour appuyer une future demande de libération conditionnelle de Marc Dutroux.

Ce dernier, âgé aujourd’hui de 62 ans, est en détention depuis 23 ans. Il a été condamné le 22 juin 2004 à la réclusion à perpétuité et à 10 ans de mise à disposition du gouvernement (aujourd’hui appelée mise à disposition du tribunal de l’application des peines) pour avoir enlevé et séquestré six fillettes et jeunes filles en 1995 et 1996 et avoir abusé sexuellement d’elles, ainsi que pour avoir tué quatre des victimes.

Cinq experts

Le TAP de Bruxelles examinera donc la demande de ses avocats de désigner un collège de cinq experts psychiatres pour évaluer l’état mental actuel de Marc Dutroux et ainsi le risque de récidive dans son chef. Le tribunal rendra ensuite une décision dans les deux semaines à venir.

Les avocats de Marc Dutroux, Me Bruno Dayez et Me Nicolas Cohen, comptent ensuite introduire, sur base entre autres des résultats de cette éventuelle nouvelle expertise, une demande de libération conditionnelle de leur client.

«Nos prisons sont des mouroirs», a récemment déclaré Me Dayez. «Or, n’en déplaise à certains, les détenus sont des personnes. Tant qu’ils ne seront pas traités comme tels, il n’y aura aucun bienfait à escompter de leur mise à l’écart, forcément momentanée. […] Au-delà d’un certain nombre d’années, la punition me paraît énorme et excessive à l’aune d’une vie humaine».

À l’unanimité

Me Georges-Henri Beauthier, qui représente une victime et le père d’une victime de Marc Dutroux, a dénoncé la «place minime qui est réservée» à ses clients dans les débats devant le TAP, notamment «l’impossibilité de prendre connaissance du dossier avant l’audience et d’assister à l’entièreté de celle-ci».

Jeudi, le TAP de Bruxelles sera composé de cinq juges, comme le requiert la loi lorsqu’il s’agit d’examiner les cas de détenus condamnés à 30 ans d’emprisonnement ou plus. Le TAP devra également délibérer à l’unanimité.

Déjà en 2013

Marc Dutroux avait déjà comparu une première fois devant le TAP, en 2013, où il avait présenté un plan de reclassement estimé non réaliste.

Lors du procès, les experts psychiatres qui l’avaient examiné l’ont décrit comme un psychopathe, une personne incapable d’éprouver de l’amitié ou de l’amour, insensible, narcissique et sans remords.

La femme de Marc Dutroux, Michèle Martin, a quant à elle été condamnée à 30 ans de prison? En août 2012, elle a été libérée sous conditions.

Michel Lelièvre a été condamné à 25 ans. Le 30 septembre dernier, le TAP de Bruxelles lui a accordé la libération sous conditions.