BREXIT

Le Brexit, pas tout de suite: des problèmes «significatifs» doivent d’abord être réglés

Plusieurs éléments laissent penser ce mercredi que la possibilité d’un deal imminent s’est quelque peu éloignée.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a évoqué mercredi la volonté «de toutes les parties» d’arriver à un accord sur le Brexit, qui selon lui pourrait encore être soumis au Conseil européen jeudi, voire, si davantage de négociations sont requises, lors d’un «autre sommet» qui pourrait être ajouté avant la fin du mois. Le «Taoiseach» a résumé les points principaux qui continuent de coincer: «le mécanisme de consentement et des problèmes autour des douanes et de la TVA». Il s’est cependant dit «confiant» pour la suite et la réussite du processus.

En milieu de journée, le commissaire européen Dimitris Avramopoulos a indiqué aux journalistes que le négociateur pour l’UE, le Français Michel Barnier, avait fait état au collège de commissaires de l’avancée des négociations avec le Royaume-Uni. Il a rapporté que «les négociations techniques ont continué tard hier et ont lieu à nouveau maintenant, de manière constructive, mais (que) des problèmes significatifs restent à régler», selon les mots du commissaire grec face à la presse.

Selon la presse britannique, le Premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson, qui a fait du maintien du Brexit coûte que coûte au 31 octobre un cheval de bataille, a entre-temps avancé sa réunion avec le Cabinet sur l’état d’avancement des négociations. Elle aurait lieu en milieu d’après-midi (15h30 heure belge) plutôt que plus tard dans la journée.

Ces éléments laissent penser que la possibilité d’un deal imminent s’est quelque peu éloignée. La position du parti unioniste nord-irlandais DUP serait au centre des inquiétudes et des tractations du côté de Downing Street, qui a besoin des voix de ses parlementaires pour faire approuver l’éventuel futur accord à Westminster. Les concessions accordées par les équipes de Boris Johnson aux négociateurs européens pour arrondir les angles ne vont cependant pas, a priori, dans le sens de ce que le DUP défend depuis le début des négociations. Ce parti ne souhaite pas que des règles douanières différentes s’appliquent à l’Irlande du Nord et au reste du territoire du Royaume-Uni. On parle cependant ces dernières heures d’un accord de Boris Johnson pour placer les contrôles douaniers au niveau de la mer d’Irlande, tout en gardant en théorie l’Irlande du Nord au sein d’une même union douanière avec le reste du Royaume.

Peu après 12h00 mercredi, des membres du DUP dont sa cheffe Arlene Foster ont été aperçus entrant au numéro 10 Downing Street par une porte secondaire, par des journalistes postés devant la résidence officielle du Premier ministre Boris Johnson.