FRANCE

Huit militants condamnés à 500 euros d’amende pour avoir décroché le portrait du président Macron

Huit militants condamnés à 500 euros d’amende pour avoir décroché le portrait du président Macron

Des militants ont manifesté en marge du verdict rendu ce 16 octobre. AFP

Accusés d’avoir décroché le portrait du président de la République et de vol en réunion, huit activistes ont été sanctionnés pour ce qu’ils qualifient eux-mêmes de «désobéissance civile».

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi huit militants écologistes à 500 euros d’amende chacun pour avoir décroché des portraits d’Emmanuel Macron en février dans des mairies d’arrondissement de la capitale.

La juge unique a considéré que «l’état de nécessité», invoqué il y a un mois à Lyon pour relaxer deux décrocheurs, n’était «pas constitué», et a reconnu coupables ces huit activistes âgés de 23 à 36 ans de «vol en réunion».

Le 11 septembre le parquet de Paris avait requis des peines d’amende de 1 000 euros, dont 500 euros avec sursis, à l’encontre des huit prévenus, au casier judiciaire vierge.

La même peine avait été demandée contre un vidéaste de 29 ans, du média associatif «Partager c’est sympa», présent le 21 février lors d’une action de décrochage dans la mairie du Ve arrondissement de Paris, «à 100% pour (la) filmer, pas y participer», avait-il assuré à la barre.

Le tribunal l’a relaxé.

«Désobéissance civile non-violente»

Les huit militants avaient eux reconnu les faits, commis lors de trois actions les 21 et 28 février, dans les mairies des Ve, mais aussi IIIe et IVe arrondissements, dans le cadre d’une campagne nationale «Décrochons Macron», menée par le mouvement Action non-violente COP21 (ANV-COP21).

Comme pour les quelque 130 «réquisitions» symboliques revendiquées par le mouvement, les décrochages s’étaient effectués en quelques minutes, «à visage découvert» et «sans dégradation».

Les militants écologistes avaient expliqué avoir agi par «devoir moral» et parce qu’ils n’avaient «d’autre choix» que la «désobéissance civile non-violente», face à «la menace» du réchauffement climatique et «l’inaction» du gouvernement en la matière.

Leurs avocats avaient plaidé la relaxe au nom de «l’état de nécessité», qui permet d’écarter la responsabilité pénale «face à un danger actuel et imminent».