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VIDÉOS | Alaphilippe «emballé», Froome incertain: l’avis des coureurs sur le parcours du Tour 2020

VIDÉOS | Alaphilippe «emballé», Froome incertain: l’avis des coureurs sur le parcours du Tour 2020

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Les principaux favoris à la victoire finale se sont exprimés ce jeudi dans la foulée de la présentation du parcours du Tour de France 2020.

Le parcours du Tour de France 2020 a été dévoilé ce mardi au Palais des Congrès de Paris. Un tracé qui alterne entre haute et moyenne montagne à travers les cinq massifs montagneux français. De quoi séduire les grimpeurs comme Julian Alaphilippe, Egan Bernal ou Thibaut Pinot.

Alaphilippe: «Certaines étapes du Tour me conviendront très bien»

Longtemps porteur du maillot jaune et cinquième du Tour de France 2019, le Français Julian Alaphilippe aura de nombreux objectifs en 2020. Le Tour ne sera pas encore prioritaire, mais le Français y visera les étapes qui correspondent à son talent de puncheur.

«On peut déjà dire que le Tour de France 2020 sera un des plus durs et des plus spectaculaires depuis longtemps, mais il est encore trop tôt pour donner un vrai avis, une stratégie», a indiqué le coureur français de l’équipe belge Deceuninck-Quick Step. «Nous devons analyser toutes les étapes et tirer tous enseignements. C’est le travail qui nous attend. Mais, pour l’heure, je peux dire que je suis plutôt satisfait car j’entrevois quelques étapes qui devraient bien me convenir».

Le Tour ne sera pas, en tout cas pas en 2020, un objectif prioritaire.

Alaphilippe avait endossé le maillot jaune du Tour 2019 sur la hauteur d’Epernay, après un final en solitaire qui avait montré son talent de puncheur. «Je peux dire du parcours du Tour 2020 que, sur le papier, il est très beau. On attaquera la montagne dès le départ. Mais, en ce qui me concerne, je veux rester le même coureur, malgré mon bon Tour de France 2019. Le Tour ne sera pas, en tout cas pas en 2020, un objectif prioritaire. Mon équipe ne sera pas au Tour pour forcément le gagner. Déjà en 2019, je n’ai pas couru pour gagner le Tour, nous n’avions pas l’équipe pour cela. Par contre, j’ai couru pour défendre mon maillot jaune et ça, je ne vais jamais l’oublier...»

Froome au départ? «Impossible à dire»

Christopher Froome sera-t-il au départ du Tour de France 2020 pour tenter d’égaler les 5 victoires records de Merckx ou Hinault? «Impossible à dire», a balayé le Britannique grièvement blessé le 12 juin lors de la reconnaissance du contre-la-montre du Dauphiné.

«En ce qui me concerne, il faut déjà que je retrouve mon niveau avant même de commencer à parler de qui sera le leader ou de ce genre de choses», a évacué le coureur de l’équipe Ineos (ex-Sky) perclus de fractures (vertèbre cervicale, fémur, hanche, coude, côtes) après la lourde chute qui l’avait privé du dernier Tour.

Une édition gagnée par un de ses coéquipiers, le Colombien Egan Bernal, après le Tour 2018 déjà remporté par Geraint Thomas de la même équipe. «Il reste 8 mois (d’ici le début du prochain Tour, ndlr). Il me faut encore deux ou trois mois pour corriger les faiblesses héritées de ma chute mais j’espère d’ici quelques mois retrouver le niveau que j’avais la saison dernière», se projette «Froomey», encore un peu dans le brouillard.

J’ai encore une plaque à faire enlever de la hanche.

Le quadruple vainqueur du Tour a expliqué dimanche ne pédaler actuellement qu’à 35% avec sa jambe droite, celle fracturée, dans un entretien à France-Télévisions. Et il doit à nouveau passer sur la table d’opération à la fin du mois: «J’ai encore une plaque à faire enlever de la hanche», a-t-il détaillé mardi.

Il aura 35 ans à l’été 2020, et pourtant difficile de ne pas l’imaginer tenter d’aller cueillir un 5e Tour dans neuf mois. Surtout quand l’épreuve s’élance de Nice, à quelques kilomètres de sa résidence monégasque. «Le Tour sera une énorme source de motivation», a-t-il reconnu.

Seulement la décision, en gestation, ne lui appartient pas tout à fait: au-delà de son état physique, son équipe, qui compte maintenant trois vainqueurs de la Grande Boucle depuis l’éclosion d’Egan Bernal, en décidera. «Nous allons analyser ça comme toujours, regarder le parcours du Giro (qui doit être dévoilé le 24 octobre, ndlr), la Vuelta aussi», a expliqué le manager d’Ineos Dave Brailsfrod. «Rien n’est décidé», a confirmé Froome.

Bernal ouvert «à d’autres possibilités» que le Tour en 2020

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Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019, a laissé la porte ouverte à «d’autres possibilités» que la défense de son titre l’été prochain même s’il se dit prêt à assumer cette responsabilité.

«J’ai l’esprit ouvert, ce n’est pas seulement une décision de ma part et je n’exclus pas d’autres possibilités», a déclaré le grimpeur colombien de l’équipe Ineos lors de la présentation de l’édition 2020.

«Ce serait vraiment formidable d’assumer cette responsabilité de devoir défendre le maillot jaune. Ce serait très spécial et très beau», a-t-il ajouté.

Le parcours est bon pour moi mais il faut aussi regarder le Giro.

«Il me semble que le parcours est bon pour moi mais il faut aussi regarder le Giro. Je ne veux pas être un coureur qui ne regarde pas les autres grands tours», a poursuivi le Colombien de l’équipe Ineos, l’un des plus jeunes vainqueurs de l’histoire du Tour de France (22 ans).

Depuis son arrivée dans une équipe WorldTour en 2018, Bernal a pris part seulement au Tour de France, à deux reprises. «Nous allons voir les itinéraires, ce que l’équipe pense, ce que Dave (Brailsford, directeur) pense, les autres coureurs... Ce n’est pas juste ma décision. J’ai l’esprit ouvert. Il y a beaucoup de possibilités: le Giro, le doublé Giro-Tour, Giro-Vuelta...», a détaillé Bernal.

«C’est une décision qui n’est pas prise à la légère», a-t-il poursuivi. «Je ne peux pas arriver et dire +je serai dans l’équipe du Tour+. Nous sommes une équipe et nous devons trouver un moyen de répartir les courses, en fonction de la course la mieux adaptée à chaque coureur.»

L’année passée déjà, Geraint Thomas avait laissé la porte ouverte à une participation au Giro avant que son équipe décide de concentrer ses efforts sur le Tour de France.

Pinot: «un Tour pour grimpeurs, pas seulement pour moi»

Thibaut Pinot (FRA/Groupama-FDJ), abandon sur le Tour 2019 à deux jours de l’arrivée alors qu’il était 5e): «Si j’avais eu à tracer un chrono, c’est celui-là que j’aurais dessiné. Cela va créer des écarts, on a vu que ça pouvait bouger, c’est une bonne chose.

C’est sûr, c’est un Tour pour moi mais aussi pour beaucoup de coureurs. Pour Bernal, c’est idéal aussi. C’est un Tour pour grimpeurs, pas seulement pour moi. (à propos de l’avant-dernière étape, un contre-la-montre en Haute-Saône) C’est un chrono difficile qui convient aussi pour les grimpeurs. Les rouleurs devront prendre du temps avant. (à propos du col de la Loze, l’attraction alpestre du tracé) Je vais le découvrir, les images sont assez impressionnantes, ça change des cols réguliers, c’est bien de trouver des cols en France qui ressemblent un peu à ceux du Giro et de la Vuelta. Ce sont les nouveaux cols, plus courts et plus raides, qui vont créer des écarts.»

Le Tour 2020 «idéal pour Alaphilippe», selon Kruijswijk

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Steven Kruijswijk (NED/Jumbo), 3e en 2019: «Ces dernières années, il n’y a jamais eu de Tour aussi difficile dès les premiers jours. Pas seulement les deux premières étapes à Nice, mais aussi l’arrivée au sommet dans les Alpes, lors de la 4e étape. Je trouve ça bien. On dirait que les organisateurs ont complètement inversé l’ordre du Tour même si la dernière semaine s’annonce une nouvelle fois difficile. Ça signifie qu’il faut être à 100% pendant trois semaines complètes. Le contre-la-montre de l’avant-dernier jour sera certainement décisif. Il y a très peu de kilomètres en contre-la-montre tandis qu’il y a assez d’ascensions pour offrir des possibilités aux coureurs offensifs. Probablement que l’organisation essaie un peu d’esquisser le parcours en faveur des Français. C’est sans aucun doute un Tour idéal pour Julian Alaphilippe. Quand je vois combien le parcours sera à nouveau difficile l’an prochain, je le trouve assurément intéressant pour moi. J’ai hâte d’y être.»

Bardet: «Un parcours avec beaucoup de nouveautés»

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Romain Bardet (FRA/AG2R La Mondiale), meilleur grimpeur en 2019: «C’est un parcours avec beaucoup de nouveautés. Il s’inscrit dans la dynamique de 2019, pour une course assez débridée, avec de l’audace. Il y a peut-être moins de gros enchaînements alpestres ou pyrénéens qui ont pu faire la spécificité de certaines éditions comme en 2017 quand on enchaînait trois-quatre journées, cela avantageait des coureurs de mon profil. Là, ce sont plutôt des étapes avec des ascensions épouvantails qui sont réparties et vont priver la course de temps mort mais qui, prises isolément, sont peut-être moins redoutables. Il n’y a pas beaucoup de répit. (Sur sa participation) À l’heure actuelle, rien n’est décidé. On va attendre les autres parcours et arbitrer avec le staff de l’équipe. J’ai besoin, c’est vrai, de nouveaux challenges, pour continuer à progresser».