BRUXELLES

Autopompes et sprays au poivre contre Extinction Rebellion: «Le dispositif policier n’est jamais lié au contenu d’une manif», réagit Close

Autopompes et sprays au poivre contre Extinction Rebellion: «Le dispositif policier n’est jamais lié au contenu d’une manif», réagit Close

Des manifestants d’Extinction Rebellion s’étaient installés sur les rails de tram: ce sont eux que la police a délogés à l’autopompe. Twitter

Autopompes, sprays au poivre, boucliers, matraques...: la police y a-t-elle été trop fort ce samedi contre les manifestants écologistes d’Extinction Rebellion? Ce n’est pas l’avis d’un syndicaliste flamand, qui fait réagir le Bourgmestre de Bruxelles Philippe Close.

Le dispositif policier déployé pour une manifestation est décidé sur base d’une analyse de risque et non sur le message véhiculé, explique lundi le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, balayant ainsi la critique d’un membre du syndicat libéral flamand de la fonction publique. Ce dernier dénonce lundi matin sur Radio 1 une prétendue plus grande sévérité de la police envers les rassemblements de droite que de gauche.

Autopompes et sprays au poivre contre Extinction Rebellion: «Le dispositif policier n’est jamais lié au contenu d’une manif», réagit Close
Des manifestants d’Extinction Rebellion s’étaient installés sur les rails de tram: ce sont eux que la police a délogés à l’autopompe. BELGA
L’intervention musclée des forces de l’ordre pour faire évacuer les militants écologistes d’Extinction Rebellion de la place Royale samedi après-midi continue en effet de faire débat. Après l’enquête sur des débordements policiers annoncée par le porte-parole de la police Olivier Slosse, c’est maintenant un représentant des hommes en bleu qui monte au créneau pour défendre les collègues.

«Sur le terrain, c’est une frustration. Les hommes constatent que lorsque certains groupes manifestent, les autorités fixent plus sévèrement la limite de tolérance. Mais si d’autres organisations manifestent, alors cette limite est plus bas», assure Patrick Roijens, du syndicat libéral flamand de la fonction publique. «Si une organisation de droite devait annoncer qu’elle manifeste la semaine prochaine, vous pouvez être sûr que toutes les mesures seront prises pour boucler hermétiquement la zone neutre. Ce samedi, l’autorisation a été donnée à un groupe qui avait annoncé qu’il ne respecterait pas les règles et envahirait la zone neutre. Ça devient incontrôlable et la police devient la tête de turc (“ pispaal ”, en néerlandais, NDLR)», accuse encore le syndicaliste.

Autopompes et sprays au poivre contre Extinction Rebellion: «Le dispositif policier n’est jamais lié au contenu d’une manif», réagit Close
Des dizaines d’arrestations. BELGA

«Tolérés pendant 6 heures»

Mise en cause par Patrick Roijens, la Ville de Bruxelles a réagi par la voix de la porte-parole de Philippe Close. «Une manifestation n’est jamais évaluée sur son contenu. Le bourgmestre est neutre et il décide sur base d’une analyse de risques pour les citoyens, la ville et la police.»

Samedi, les manifestants se sont déployés dans la zone neutre, où tout rassemblement est normalement proscrit. «Leur présence a été tolérée pendant six heures, jusqu’à ce qu’ils commencent à bloquer le passage des trams. La décision d’évacuation de la place a été prise par le bourgmestre parce qu’ils refusaient de libérer les voies comme la police le leur avait demandé à plusieurs reprises», explique Maïté Van Rampelbergh.

Philippe Close va rencontrer des membres du mouvement Extinction Rebellion pour évoquer leurs prochaines actions, a encore précisé la porte-parole.

 

Extinction Rebellion: «Décourager les citoyens»

Autopompes et sprays au poivre contre Extinction Rebellion: «Le dispositif policier n’est jamais lié au contenu d’une manif», réagit Close
Certains manifestants s’étaient attachés à un bateau et ont dû être délogés à la disqueuse. BELGA

Les membres d’Extinctions Rebellion ont eux aussi réagi à la réaction policière. Dans un communiqué diffusé ce dimanche 13 septembre en fin de journée, ils expliquent que leur manifestation prévue pour 24h «a été prématurément clôturée par une action policière d’une violence extraordinaire: des familles ont été aspergées de gaz au poivre et ciblés par l’autopompe de la police. Plus de 400 autres personnes ont été arrêtées».

Retraçant la chronologie des événements, Extinction Rebellion admet cependant bel et bien que vers 17h25 ce samedi 12 octobre, «la police a demandé à Extinction Rebellion Belgium de dégager la place Royale et la ligne de tramway. Les militants ont refusé et poursuivi leurs assemblées populaires dans le calme».

C’est alors que, à en croire les mots des activistes pacifistes, la police a dégagé «violemment» la place Royale. À les lire, les manifestants n’ont pas répliqué. «Comme Extinction Rebellion est un mouvement non-violent, il n’y a pas eu de résistance active. Les assemblées populaires se sont poursuivies et ont fini par être dispersées au moyen d’un canon à eau antiémeute et de gaz au poivre. Les citoyens assemblés sur place ont finalement été violemment expulsés. Le message est clair, il s’agit de décourager les citoyens de s’auto-organiser dans les espaces publics».

 

 

Extinction Rebellion Belgium ne semble cependant pas découragée: «Nous allons continuer à nous mobiliser et à nous développer jusqu’à ce que l’État belge réponde nos revendications: déclarer une urgence climatique, la neutralité carbone en 2025 et créer une Assemblée Citoyenne pour décider des mesures à apporter à la crise climatique».

Autopompes et sprays au poivre contre Extinction Rebellion: «Le dispositif policier n’est jamais lié au contenu d’une manif», réagit Close
AFP