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DIAPO| Goesnes, théâtre de sévères affrontements : une leçon d’histoire grandeur nature

Week-end d’immersion au cœur de la Seconde Guerre mondiale avec des reconstituants animés par une même passion pour l’histoire.

Aux «Come on guys!» alliés répondent les «Achtung» allemands. Et pendant que la MG42 crache ses coups secs, les GI’s rampent vers les lignes ennemies. Un vacarme de tirs de fusils et de canonnade retentit dans la plaine, la coiffant d’une fumée éparse.

Ce weekend, le paisible petit village de Goesnes accueillait la ligne de front de la contre-offensive menée par l’Allemagne dans les Ardennes à l’hiver 44, pour une reconstitution militaire plus vraie que nature. Chacun des participants peaufinant le souci du détail jusque dans ses moindres recoins. Vélos, bancs, réchaud, etc. Tout est d’époque ou, à tout le moins, le paraît.

Et que dire du matériel militaire, dont l’une des plus belles pièces est assurément cet Opel Blitz, un camion de l’armée allemande. Son propriétaire anversois, Emmanuel Van Hoof, n’en est pas peu fier. «Il faut savoir que le matériel allemand est rare. Souvent, ce genre de véhicule avait une durée de vie très courte ou était détruit à la fin du conflit. En avoir un qui a traversé trois ans de guerre, avec un bon moteur et sa cabine d’origine, est assez exceptionnel. D’ailleurs, les organisateurs de la grande cérémonie de reconstitution de Bastogne, en décembre, souhaiteraient que mon camion y soit».

Leçon d’Histoire grandeur nature

Dans le camp des alliés, Hugues Dorchy, un Bruxellois venu en famille, fait figure de néophyte. Un virus transmis voici peu par son fils, passionné d’histoire. «C’est vraiment une chouette activité familiale. On rencontre des gens passionnés et on a l’impression de participer à une séance d’archéologie expérimentale». Une activité dont le coût est indéniable. Il faut compter plus de 500 euros pour la reproduction d’un uniforme, là où un original peut atteindre dix fois cette somme. «Un casque d’aumônier de régiment peut même atteindre jusqu’à 8 000 euros» confie un spécialiste en la matière.

Des sommes importantes qui ne résistent pas toujours à l’appel de la passion. Car tel est bien le leitmotiv qui anime chacun des reconstituants. Retracer un moment d’histoire pour se souvenir du passé. Et surtout éviter de refaire les mêmes erreurs. «Nous avons un rôle éducatif à jouer» confirme Pierre Gevaert, président-fondateur de l’ASBL Devoir de Mémoire, basée à Ave-et-Auffe et instigatrice de l’événement. Et Emmanuel Van Hoof de conclure: «on ne joue pas aux soldats, on retrace l’histoire».