FOOTBALL

L’invité de la rédaction| Les Falise, au nom du frère et du foot

L’invité de la rédaction| Les Falise, au nom du frère et du foot

Non, Benja ne compte pas offrir des fleurs à son frère dimanche. Yves Bircic

Raymond et Benjamin Falise seront frères ennemis le temps d’un Braives-Flémalle historique pour eux. Délicieux.

Une légende qui circule à Oreye, là où ils ont grandi, raconte que si ces deux-là n’étaient qu’un, ce serait un joueur exceptionnel flanqué de la hargne légendaire de l’un et du talent inné de l’autre. En attendant, la nature a (bien) fait les choses par deux fois avec Benjamin, l’aîné de 35 ans, médian défensif de Flémalle, et Raymond Junior, le milieu offensif braivois de 28 ans.

Les fils Falise ajouteront dimanche une nouvelle ligne à la belle histoire familiale. Pour la première fois de leur vie, ils s’affronteront en match officiel au travers d’un Braives-Flémalle de P2A que leur papa Raymond, ex acteur phare de notre foot régional, ne raterait pour rien au monde.

«Papa a déjà commencé à me chauffer pendant 42 minutes au téléphone sur le trajet en arrivant ici, sourit d’ailleurs Raymond Junior en s’adressant à son frère. Et il m’a dit comment faire pour que tu ne m’ennuies pas de trop, Benja. Son plan me plaît… »

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L’osmose est superbe entre deux frangins que presque tout oppose sur un terrain de foot. Yves Bircic

Le ton est donné au «O Magasin», la brasserie de la maman, cadre idéal pour un rendez-vous. Entre deux pâtes jambon crème spécial enfant, ce qui ne s’invente pas, juste avant leur entraînement respectif, les frères Falise se taquinent. «Oh c’est pas vrai?, s’exclame Benja. Il n’a pas fait ça quand même? Aucun souci mais fais quand même gaffe que je ne vienne te chatouiller les chevilles dimanche (rires). Ok, tu es mon frère, et là, comme ça, je ne pense pas que si je dois faire faute sur toi, j’en ferais une. Mais je me connais. Et dans le feu de l’action, je pense que ça volera… (rires) »

L’osmose est superbe entre deux frangins que presque tout oppose sur un terrain de foot. L’un est droitier, l’autre gaucher. L’un est un créatif né, l’autre un médian rugueux au volume de jeu monstrueux.

«C’est pourtant encore plus Benja que papa qui m’a donné le goût du foot, avoue le cadet, comme en guise d’hommage. Quand j’étais petit, il me faisait faire des exercices de jonglages qu’il demande maintenant à son fils. C’est marrant. »

Les regards sont complices, l’émotion palpable. Mais dimanche, la tension sera (un peu) là. « J’avoue que j’appréhende, confesse Raymond. Je sais que contrairement à la plupart des adversaires, Benja ne va me laisser aucun espace dans son dos. Du coup, ça va compliquer ma tâche, moi qui adore m’engouffrer. Puis, il va s’imposer… » Et Benja d’éclater de rire. «Je veux gagner, comme toujours, sinon, ça n’ira pas, relance Benja. Et dans le foot provincial, 50% du match, c’est le mental. D’ailleurs, je te propose Raymond qu’on se fasse un une-deux en plein match pour rire, mais uniquement si on mène 4-0? » Allez, on prend les paris.

«J’avais pris 23 kg en 6 ans»

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La gentillesse, marque de fabrique de Benjamin. Yves Bircic
Mes 3 matchs en D2 avec Tirlemont, c’est Raymond qui aurait dû les jouer. » Modeste et humble, Benjamin Falise n’en reste pas moins un clappant joueur passé, entre autres, par Waremme, Hamoir, Verlaine, Geer et Flémalle à présent. Pour le même prix, pourtant, le foot appartenait au passé. «Oui, j’avais arrêté depuis 6 ans, rigole-t-il. Je n’avais plus le feu et surtout 23 kg en plus. Là, j’en ai déjà perdu 16 à l’aide du crossFit et de la boxe. Puis, l’envie est revenue l’été passé. J’ai reçu un appel d’Éric Kerstenne à Momalle. Et j’ai replongé…»

Mais l’épisode momallois a tourné court quand ses potes de Flémalle l’ont contacté. « Je ne me sentais pas totalement dans mon élément à Momalle, je l’avoue, dit-il. Il y a d’abord eu Braives où j’aurais pu atterrir en fin d’été. Mais par correction pour le groupe déjà en place et pour mon frère, je n’ai pas répondu à la demande de Jofray Hella. Je n’avais pas envie d’être catalogué comme «celui amené par son frère.» À Flémalle, j’ai retrouvé les frères Militello que je connais depuis longtemps. Et là, c’est le pied. »

Désormais opérationnel après une petite blessure, «Benja» va ainsi pouvoir apporter toute sa grinta à un André Jamers fan de ce genre de joueurs. « Et sans faire le faux-cul, ça tombe bien car je suis, moi aussi, fan de lui» dit sincèrement l’aîné des Falise, plus motivé que jamais.

«Hella m’a rendu la foi»

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Yves Bircic
ll fut à une époque, n’ayons pas peur des mots, un vrai espoir du foot régional alors qu’il frappait à la porte de l’équipe première du RFC Liège où il a été formé. « Je sais, mais je ne regrette rien, dit ‘Raym’s’. C’est mentalement que je n’étais pas assez fort. Pas grave. »

Pas grave car à Braives, son coach, amoureux du beau jeu, est fou de lui. « Je l’aime beaucoup aussi, dit-il. C’est un vrai bon gars qui m’a rendu envie après deux saisons d’arrêt. Je ne l’oublierai jamais. Un fou de foot. Là, je il doit d’ailleurs être encore en train de regarder des vidéos de Guardiola (rires). J’en avais marre des petites mesquineries du foot provincial. En arrêtant, d’ailleurs, contrairement à mon frère, j’ai perdu 15 kg, tiens. Là, peut-être pour la 1re fois de ma vie, je me sens bien dans un groupe. J’en suis aussi responsable: j’ai mûri. » Le foot provincial s’en pourlèche les babines.

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