SYRIE

Syrie: l’offensive turque a commencé, la Belgique condamne ces opérations

Une forte explosion a été entendue mercredi dans la région de Ras al-Aïn, située dans le nord syrien à la frontière avec la Turquie, a rapporté un correspondant de l’AFP, peu après l’annonce par Ankara du lancement de son offensive contre une milice kurde.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi le début d’une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux mais bête noire d’Ankara.

«Les Forces armées turques et l’Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont débuté l’opération «Source de paix» dans le nord de la Syrie», a annoncé M. Erdogan sur Twitter.

Cette opération vise, selon lui, «les terroristes des YPG et de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique)» et a pour objectif de mettre en place une «zone de sécurité» dans le nord-est de la Syrie.

«La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays», a-t-il ajouté.

Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième que mène Ankara en Syrie depuis 2016.

Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert dimanche à une telle opération avant de revenir sur ses propos et d’assurer que les États-Unis n’avaient «pas abandonné les Kurdes», qui ont joué un rôle crucial dans la défaite militaire de l’EI.

Si les Occidentaux louent le rôle des YPG dans la bataille contre l’EI, Ankara considère ces combattants kurdes comme un groupe «terroriste» et une menace à sa sécurité en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le sol turc.

Poutine appelle Erdogan à «bien réfléchir»

Plus tôt dans la journée, le président russe Vladimir Poutine a appelé mercredi son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à «bien réfléchir» avant de lancer une offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, a indiqué un communiqué du Kremlin.

«Poutine a appelé ses partenaires turcs à bien réfléchir à la situation afin d’éviter de porter atteinte aux efforts communs visant à résoudre la crise syrienne», affirme ce communiqué, publié après un entretien téléphonique entre les deux présidents.

Deux civils tués

Au moins deux civils ont été tués et deux autres blessés mercredi dans les bombardements turcs.

«Deux civils ont perdu leur vie, deux autres ont été blessés dans les bombardements aériens turcs sur le village de Micharrafa», ont annoncé sur Twitter les Forces démocratiques syriennes

La Belgique condamne les opérations en cours

La Belgique condamne les opérations en cours dans le nord-est de la Syrie, a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en commission de la Chambre. Plus tôt dans la journée, elle avait appelé à la retenue et demandé qu’il n’y ait pas d’invasion.

La Belgique a demandé avec la France et l’Allemagne l’inscription de ces événements à l’ordre du jour de la réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

«L’urgence, maintenant, c’est le Conseil de Sécurité. C’est là qu’il est possible d’avoir une véritable réaction car c’est là que les problèmes de sécurité se règlent», a-t-il dit.

L’UE exige l’arrêt de l’offensive Turque en Syrie

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé mercredi l’arrêt de l’offensive lancée par la Turquie dans le nord de la Syrie et a averti qu’aucun financement européen ne serait accordé «pour une zone de sécurité».

«La Turquie doit cesser l’opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d’une zone de sécurité, n’attendez pas de financement de l’Union européenne», a-t-il affirmé devant le Parlement européen réuni à Bruxelles».

«La Turquie a des problèmes de sécurité à sa frontière avec la Syrie, que nous devons comprendre. Toutefois, j’appelle la Turquie, ainsi que d’autres acteurs, à agir avec retenue. Une incursion exacerbera les souffrances des civils, ce qui est déjà au-delà de ce que les mots peuvent décrire», a-t-il dit.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi le début d’une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux, mais bête noire d’Ankara.

Cette opération vise, selon lui, «les terroristes des YPG et de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique)» et a pour objectif de mettre en place une «zone de sécurité» dans le nord-est de la Syrie.

«La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays», a-t-il assuré.