MONS

Procès Libiez: la fermeture de l’autoroute a retardé l’audience

Procès Libiez: la fermeture de l’autoroute a retardé l’audience

L’accident sur l’E19 a eu toutes sortes de conséquences. BELGA

L’audience a débuté avec 1h30 de retard en raison de la paralysie de l’E19-E42.

Le procès des cinq hommes et une femme accusés du vol avec violence, avec circonstance aggravante de meurtre, se poursuit mercredi devant la cour d’assises du Hainaut à Mons.

Pour rappel, dans la nuit du 20 au 21 octobre 2016, vers 01 h 30, deux hommes armés sont entrés par effraction dans la ferme de Beaumont à Roisin, exploitée par la famille Libiez. Proche de la frontière, cette ferme vendait du tabac, objet du vol.

Des coups de feu ont été tirés lors de l’attaque et les frères Bernard et Jean-Claude Libiez ont été touchés. Jean-Claude est décédé, tandis que Bernard a été admis à l’hôpital dans un état grave. Leur mère se trouvait en état de choc.

Ce mercredi, l’audience a débuté avec 1h30 de retard. En cause: la paralysie de l’autoroute E19-E42, suite à un accident de camion à l’entrée de la zone de chantier à Nimy-Maisières, et à de nombreux accidents qui ont aggravé une situation déjà compliquée certaines routes nationales.

La journée de mercredi est consacrée à la suite des auditions des enquêteurs et du juge d’instruction.

Débris de phare

Leur témoignage a débuté hier. Devant la cour, un policier a expliqué comment des débris de phare leur avaient permis de remonter jusqu’aux accusés, que sont Franz Pottiez, Loïc Harvengt, Josué Krier, Torino Dubois, Brondon Kempfer, Thomas Audin et Sylvie Cuelle.

«À partir d’une dizaine de débris, nous avons recomposé le phare comme un puzzle, ce qui nous a permis de lire le nom de l’équipementier et un numéro de référence. Le phare correspondait à trois marques de véhicules: Renault Master 2, Opel Movano et Nissan Interstar», a précisé l’enquêteur.

Alors que les policiers recherchaient un véhicule correspondant, les pompiers ont été appelés le 21 octobre 2016 pour une camionnette rouge en feu à Havré. Sans trace d’effraction, la camionnette arborait des traces blanches sur la carrosserie tandis qu’un phare manquait. Or, une trace rouge avait été découverte sur la barrière située à l’entrée d’un chemin menant à la ferme des Libiez.

La camionnette, immatriculée au nom d’un chauffagiste, avait conduit les enquêteurs à interroger ce dernier, qui leur avait permis de remonter jusqu’à Franz Pottiez. Lors de l’achat du véhicule, celui-ci était accompagné d’un individu plus jeune, identifié comme étant Loïc Harvengt.

Torino Dubois et Brondon Kempfer volaient, eux, des voitures et des motos pour Franz Pottiez, ont découvert les policiers.

Brouillage téléphonique

L’enquête de téléphonie avait mis au jour des contacts entre les accusés via des cartes prépayées, alors que les quatre hommes prétendaient ne pas posséder de GSM. Ces contacts avaient été nombreux le jour du vol commis à la ferme de Roisin.

Entre le 1er et le 25 octobre 2016, un numéro de téléphone a eu des contacts réguliers avec les lignes attribuées à Loïc Harvengt, à la compagne de ce dernier et à Thomas Audin, le garagiste voisin des Libiez. Ce numéro s’est révélé être celui de la belle-sœur de Franz Pottiez et qui a été utilisé pour l’achat de la camionnette rouge ayant servi à transporter les cigarettes et le tabac volés à la ferme,

L’utilisation des GSM de proches, de cartes prépayées, le fait de couper ou de ne pas emporter de téléphone constituent autant de «stratégies pour contrer l’enquête», a ainsi estimé un enquêteur.

La veille du crime, les téléphones reliés à Franz Pottiez et à la compagne de Loïc Harvengt ont activé la borne située près de la ferme Libiez. Le second contacte en outre la ligne attribuée à la compagne de l’accusé Torino Dubois, lequel répond par un SMS vers 22 h 30. Si les mises en liaison ont été régulières avant et après l’attaque de la ferme, les contacts sont inexistants entre tous ces numéros pendant le vol avec violence.

«Au moment des faits, aucun téléphone n’active la borne la plus proche de la scène de crime», a expliqué à la barre un policier. Aucun téléphone n’active non plus de borne à Soignies, où le trio Krier-Kempfer-Dubois prétend avoir commis le vol d’une remorque à l’heure du crime. Ces téléphones ont cependant été activés plus tard dans la nuit à un même endroit: la discothèque de Jemappes.

Qui a tiré?

Les policiers se sont intéressés à d’autres membres du clan Dubois, poursuivis devant le tribunal correctionnel pour des vols de cigarettes perpétrés dans des stations-service de la région de Mons.

Torino Dubois et Brondon Kempfer ont été aussi poursuivis pour ces vols et tous les membres du clan ont été condamnés par la cour d’appel du Hainaut, dont certains en état de récidive.

Cette information intéresse la défense car Torino Dubois, Brondon Kempfer et Josué Krier ont déclaré lundi qu’ils n’étaient pas à Roisin cette nuit-là mais à Soignies. Loïc Harvengt a déclaré, quant à lui, que trois hommes étaient entrés dans la ferme mais il ne peut pas les identifier car ils portaient une cagoule. Au moment du coup de feu qui a tué Jean-Claude Libiez et blessé son frère Bernard, les trois hommes étaient dans la ferme. L’auteur du crime est l’un de ces trois hommes.