Dans toutes les manifestations qu’ils animent, ils en imposent. Par leur nombre, par l’entrain qu’ils suscitent, par les déhanchés auxquels ils invitent.

«Nous existons depuis maintenant vingt années», explique Pierre Maboge, un Choffleux d’Buses. Traduction du wallon en français: «des gens qui soufflent dans des buses ». Une trompette, un tuba, un trombone, un saxophone, une clarinette, une flûte, un soubassophone. «Notre vingtaine de musiciens jouent essentiellement avec des cuivres, reprend-il. Mais nous comptons également des bois et des percussions.Un mélange sonore qui ne passe pas inaperçu dans les rues, lors de festivités organisées dans la région. Les carnavals et les marchés de noël par exemple. «Nous participons aussi à des festivals de Bandas un peu partout. En France notamment, à Condom, où nous avons remporté un troisième prix il y a trois ans.» Dans les rues du département du Gers résonnaient des classiques de la chanson française et un peu de pop anglaise. Calogero, Les Poppys, Indochine, Eddy Mitchell, Claude Nougaro, les Rolling Stones. «Nous répétons depuis dix années avec un nouveau chef, Samuel Deliège. Il nous a vraiment reboostés avec des reprises de titres plus actuels qui collent bien avec les répertoires habituels des gens,» explique celui qui connu les premiers souffles des Choffleux, il y a vingt ans. Claude Son, Rochois de souche, désirait créer un groupe pour animer le vendredi du carnaval de La Roche. Ambitieux, il lance un toutes-boîtes dans la ville, conviant les Rochois à apprendre le cuivre de leur choix. «Plusieurs novices en musique ont répondu à l’appel. Ils se retrouvaient chez un prof à Vielsalm pour apprendre les rudiments.» De débutants assumés et parfaits inconnus, les Choffleux sont vite devenus des références en matière de fanfares ambulatoires.