À Dour, il ne faut pas se fier aux apparences. Encore moins aux appellations. Car s’il existe bien toujours une «Rue du Marché», ce dernier a lieu depuis des années du côté de la Place Verte.

À l’ombre de belles frondaisons. À deux pas des derniers estaminets encore ouverts dans ce quartier fréquenté. Mais tandis que le paysage commercial du centre-ville est en pleine mutation, le rendez-vous hebdomadaire du lundi matin reste une institution appréciée. Venue d’Arleux pour écouler ses ails, oignons et autres échalotes «maison», Sylvie Miroir nous explique: «Je venais déjà ici quand le marché se tenait à côté de l’église, sur la Grand-Place. Avec le déménagement, les habitués ont suivi. Et une nouvelle clientèle de voisinage s’est ajoutée à l’ancienne. Contrairement à ce que l’on pense parfois, de jeunes couples fréquentent aussi de temps en temps les allées.». Également présente au marché dominical de Boussu, notre interlocutrice ajoute: «Dans cette région comme dans le nord de la France, les marchés hebdomadaires attirent surtout une clientèle d’habitués. Cela crée des liens amicaux avec nous, les marchands. Je pense qu’il y a moins de stress que dans les grandes surfaces, l’ambiance est plus familiale, plus sympathique.» Une affirmation confirmée par les clients que nous avons rencontrés, pour lesquels la proximité joue aussi un rôle très attractif. Ainsi un couple de sexagénaires nous confie: «Aujourd’hui prendre la voiture pour aller faire ses courses dans les grands centres commerciaux pose plus d’inconvénients que d’avantages. On en revient plus énervé qu’au départ! Au moins ici on peut prendre le temps de faire la causette et on évite les embouteillages. Mais nous comprenons que pour ceux qui travaillent encore, ce n’est pas évident.»