ATHLÉTISME

Fernando Silva: «L’athlète belge a une morphologie taillée pour les épreuves multiples»

Fernando Silva: «L’athlète belge a une morphologie taillée pour les épreuves multiples»

Nafi, moteur d’un futur succès en Belgique? BELGA

La médaille d’argent de Nafissatou Thiam a occulté logiquement la prestation des autres athlètes belges engagés aux Mondiaux de Doha dans les épreuves multiples. Thomas Van der Plaetsen s’est classé 9e (8 125 pts), son meilleur résultat, tandis que les consœurs de Thiam, Hanne Maudens et Noor Vidts se sont classées 11e (6 088) 15e (5 989 pts).

«Il faut tenir compte du fait que ces championnats sont particuliers. Ils arrivent très tard dans la saison», a nuancé pour Belga Fernando Silva, le manager-qualité en charge des épreuves multiples au sein de la Ligue flamande d’athlétisme (VAL).

«Côté belge, en dehors de Nafi, c’est dommage que Thomas n’entre pas dans le Top 8, à cause de son saut en longueur. Hanne bat deux records et Noor est arrivée à 90% de ses possibilités. Ils ont prouvé que la Belgique existe dans les épreuves multiples.»

Épreuves multiples: 5 athlètes pointés

L’année prochaine, Fernando Silva imagine même que la Belgique pourrait compter cinq athlètes dans l’heptathlon et le décathlon olympiques «si Niels Pittomvils ne connaît plus de soucis physiques.»

«Derrière, il y a encore des jeunes comme Jente Hauttekeete (médaille d’argent du décathlon de l’EYOF de Bakou cet été), c’est positif dans la perspective des JO de Paris 2024 et Los Angeles 2028.»

Est-ce un «effet Nafi» qui serait à l’origine de cette richesse?

«Il y a une dynamique en Belgique tant chez les garçons que chez les filles pour les épreuves multiples depuis quelques années et un engouement chez les jeunes», enchaîne Christian Maigret, le directeur technique de la Ligue francophone (LBFA). «C’est l’effet Nafi, mais aussi l’aspect ludique de pratiquer plusieurs disciplines. Les épreuves multiples sont devenues une spécialité en soi. Avant quand on était moyen dans tout on faisait les épreuves multiples. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Au niveau de la fédération, on encourage à les pratiquer dès le plus jeune âge. Elles sont formatrices et donnent une base pour éventuellement se diriger vers les épreuves individuelles.»

L’athlète belge, un sportif tout terrain

Fernando Silva apporte encore une autre explication: «Morphologiquement, l’athlète belge est un athlète ‘allround’(tout terrain)» explique-t-il, «avec plus d’athlètes blancs que noirs, donc ils ont moins de disposition pour les sprints et les courses d’endurance. Et il y a une tradition avec Tia Hellebaut, Hans Van Alphen, Thomas Van der Plaetsen, Nafi», détaille-t-il sans évoquer la période des trois Olympiens des années ‘70: Freddy Herbrand, Roger Lespagnard (le coach de Thiam) et Régis Ghesquière. «Ce qui nous manque encore c’est d’associer structurellement les forces de chacun, comme les Français le font à Montpellier, mais on y travaille. Ce serait bien d’associer le savoir-faire de Wim Vandeven, Roger Lespagnard, Michael Van der Plaetsen, tous des entraîneurs d’expérience. On a les athlètes et les coachs, seules les structures manquent encore.»

«Partager le «know how» est toujours positif», acquiesce Maigret qui se réjouit de pouvoir disposer cet hiver du nouvel outil que représente la salle de Louvain-la-Neuve. Idéale pour l’entraînement, mais aussi capable d’accueillir des compétitions, elle «va faciliter les regroupements d’athlètes de haut niveau d’autant qu’elle permettra de se restaurer et de loger sur place.»