BRUXELLES

«Des beaux discours qui sonnent creux»: Amnesty rebaptise la rue de l’ambassade saoudienne à Bruxelles avenue Jamal Khashoggi

Jamal Khashoggi aurait été étranglé quelques instants après être entré dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite en Turquie le 2 octobre 2018. Amnesty rebaptise la rue de l’ambassade saoudienne à Bruxelles en son honneur. BELGAONTHESPOT - OPHELIE DELAROUZEE

Des militants d’Amnesty International ont rebaptisé l’avenue Franklin Roosevelt, qui héberge l’ambassade d’Arabie Saoudite à Bruxelles, du nom de Jamal Khashoggi. C’est un hommage au journaliste saoudien tué il y a tout juste un an.

Un petit groupe de militants d’Amnesty International a renommé, mercredi matin, l’avenue Franklin Roosevelt où se situe l’ambassade d’Arabie Saoudite du nom de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien tué il y a tout juste un an. L’ONG a organisé d’autres actions en son hommage dans différents pays.

Plusieurs plaques de rue au nom de Jamal Khashoggi et panneaux commémoratifs ont été installés devant et à proximité de l’ambassade.

Jamal Khashoggi aurait été étranglé quelques instants après être entré dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite en Turquie le 2 octobre 2018. Le rapport de l’ONU publié en juin 2019 par la rapporteuse spéciale des Nations unies Agnès Callamard a conclu qu’il a été victime d’une exécution extrajudiciaire pour laquelle l’État d’Arabie Saoudite est responsable aux termes du droit relatif aux droits humains.

«Des beaux discours qui sonnent creux»: Amnesty rebaptise la rue de l’ambassade saoudienne à Bruxelles avenue Jamal Khashoggi
Jamal Khashoggi aurait été étranglé quelques instants après être entré dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite en Turquie le 2 octobre 2018. Amnesty rebaptise la rue de l’ambassade saoudienne à Bruxelles en son honneur. BELGAONTHESPOT - OPHELIE DELAROUZEE
Amnesty International déplore que le procès ouvert en janvier avec 11 suspects dans les rangs des accusés se déroule à huis clos et se caractérise par une forte opacité.

Selon des articles parus la semaine dernière sur un documentaire diffusé dimanche 29 septembre, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reconnu pour la première fois sa responsabilité dans le meurtre de Jamal Khashoggi étant donné que cela s’est produit sous sa direction.

«Des beaux discours»

«Tous les beaux discours sur le fait d’assumer la responsabilité de l’homicide de Jamal Khashoggi sonnent creux s’ils ne sont pas assortis de la libération immédiate et inconditionnelle des dizaines de personnes qui croupissent en prison et sont exposées au risque de torture et d’autres mauvais traitements, uniquement pour avoir exprimé leur opinion de manière pacifique», a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

«Des beaux discours qui sonnent creux»: Amnesty rebaptise la rue de l’ambassade saoudienne à Bruxelles avenue Jamal Khashoggi
À La Haye aussi, aux Pays-Bas. AFP
L’ONG a recensé au moins 30 cas de prisonniers d’opinion qui purgent actuellement des peines comprises entre 5 et 30 ans de prison uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Parmi eux figurent Mohammad al Qahtani, membre fondateur de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA) et Waleed Abu al Khair, un avocat qui représentait des défenseurs des droits humains. Le tribunal antiterroriste a condamné ces derniers à respectivement 10 et 15 ans de prison.

Un jeune de 16 ans

Amnesty International dénonce depuis des années de graves défaillances au sein du système judiciaire saoudien, notamment les détentions prolongées sans inculpation ni jugement, l’absence d’assistance juridique lors de l’enquête et les pressions exercées sur les détenus pour qu’ils signent des aveux.

Par ailleurs, l’ONG estime que la peine de mort est utilisée comme une arme politique contre la minorité chiite. Elle remarque que la plupart des 37 hommes exécutés collectivement en avril dernier étaient chiites. Parmi eux figurait Abdulkareem al Hawaj, un jeune chiite arrêté à l’âge de 16 ans et déclaré coupable d’infractions liées à sa participation à des manifestations antigouvernementales. Amnesty International continue de faire campagne en faveur de Dawood al Marhoon, Ali al Nimr et Abdullah al Zaher, qui avaient tous trois moins de 18 ans au moment des faits qui leur sont reprochés et qui sont toujours dans le quartier des condamnés à mort. Le droit international interdit strictement de recourir à la peine de mort contre une personne mineure au moment des faits.