TOURNAI

VIDÉO | Un dernier mariage en picard pour l’échevine Ludivine Dedonder devenue députée

Au cours de sa fonction d’échevine de l’État-civil, Ludivine Dedonder a procédé à 1083 mariages. Dont certains insolites, mais d’autres aussi douloureux. Pour l’une des dernières cérémonies qu’elle présidait, elle s’est exprimée en picard à la demande des

Officiellement échevine à la ville de Tournai jusqu’à ce lundi, Ludivine Dedonder - désormais députée fédérale - a eu l’État-civil dans ses attributions entre 2006 et 2012 et depuis 2018, jusqu’il y a quelques heures encore.

C’est à ce titre qu’elle a pratiqué un nombre appréciable de mariages, non seulement à Tournai, mais aussi au sein des districts, parfois également dans la prison de Tournai ou à domicile, voire à la clinique quand l’état de santé des futurs mariés ne leur permettait pas de se déplacer.

Cela représente un total de 1083 mariages au cours des deux périodes évoquées plus haut. Cela, parfois, dans des situations anecdotiques et/ou humoristiques.

La dernière en date est celle de cette cérémonie durant laquelle elle a principalement utilisé la langue picarde à la demande du marié. C’était aussi l’un des derniers qu’elle a officié.

Au rayon des cérémonies qui ont marqué ses souvenirs, on retiendra celle durant laquelle un Bichon blanc (qui n’était pas le sien) portait les alliances dans sa gueule. Pour un autre mariage mémorable, tant les mariés que les membres de la famille étaient habillés en gendarmes pour évoquer un célèbre film dont l’acteur principal n’était autre que Louis de Funès et dont les mariés étaient fans.

«Il y eut aussi des mariages où tout le monde est venu à vélo, se souvient Ludivine Dedonder. Je me rappelle aussi d’un mariage durant lequel le futur marié m’a demandé si j’étais toujours célibataire avant de dire «oui» à sa future épouse. Je suis restée sans voix…»

Les mariages avec un discours personnalisé à la demande des futurs époux ne se comptent plus…

«Du moment que les mots magiques sont prononcés: ‘‘Madame, voulez-vous prendre pour époux…, monsieur, voulez-vous prendre pour épouse, etc…, cela reste légal», précise encore Ludivine.

Un souvenir douloureux aussi

Il faut encore ajouter les renouvellements de vœux, généralement demandés après dix ans de mariage, parfois même par des personnes qu’elle avait elle-même mariées une décennie plus tôt. «Cela n’a rien d’officiel, ajoute-t-elle, mais nous le faisons volontiers à Tournai quand on nous sollicite…»

Comme échevine de l’État-civil, Ludivine assurait également les parrainages laïcs à la maison communale (pour les baptêmes cette fois).

Mais la cérémonie dont le souvenir restera gravé à vie dans sa mémoire - et là, ce n’est vraiment pas drôle - c’est celle organisée pour le mariage de ce couple qui se connaissait depuis très longtemps déjà, qu’elle a marié à domicile car le monsieur devait décéder quelques heures plus tard d’un cancer foudroyant. «Là, très franchement, même si je n’ai pas voulu pleurer devant eux, je n’ai pas pu retenir mes larmes une fois retournée à la voiture…», conclut-elle