TOURNAI

Le Tournai d’avant: curiosité pour le musée des biêtes en 1828

Serre à papillons, enclos pour différentes espèces, le musée d’Histoire Naturelle de Tournai vient d’inaugurer une nouvelle extension dans le cadre d’une vulgarisation de plus en plus scientifique.

Ce musée, les autochtones, entre eux, ne le nomment alors que le «musée des biêtes», fondé dans la mouvance de ce «siècle des lumières», le XVIIIe. Enfin, la place que prend, la science dans la société s’ouvre grâce à des hommes qui ont cherché, exploré, découvert de nouveaux modes de vie une meilleure compréhension de notre environnement. Il en est ainsi à Tournai.

Pionniers

En ce début XIXe Tournai, hollandaise, se projette dans un avenir plus moderne, aère ses places, détruit de vieilles bâtisses. Il y a là des scientifiques de diverses disciplines qui influencent la création du musée dans une commission comprenant notamment Wicart, naturaliste, Delattre et Cambier, docteurs en médecine, l’échevin De Hulst qui préside et Barthélemy Dumortier., cet éminent botaniste, auteur de nombreuses publications, créateur, vulgarisateur de cette science, l’Histoire Naturelle que Buffon fit découvrir.

Le Conseil de Régence – aujourd’hui collège échevinal – prend la décision, le 31 janvier 1829, de compléter la liste des établissements d’instruction supérieure par un musée d’Histoire Naturelle.

Le règlement est mis au point ainsi que ses missions: «Provoquer et recueillir des dons et dépôts d’objets d’histoire naturelle, de gérer les fonds, de conserver et augmenter les collections». Raisonnable.

Le 16 juin 1830 suit la Société d’Encouragement, ses membres, pour six francs/an bénéficient de quelques avantages. Car en sus des dons, il faut aussi acheter,, entretenir.. Cet appel n’est pas vain; en 1839, plus de 130 mécènes dont Guillaume I, SM Léopold 1, Mgr Labis, B. Dumortier envoient oiseaux, coquilles, singes et autres. Problème: où les installer?

Dans les salons de l’hôtel de ville où les collections sont présentées au public le 13 septembre 1829. Leur exiguïté est manifeste; les idées s’énoncent mais des oppositions se font Enfin, l’aménagement par Bruno Renard des dépendances de l’abbaye Saint-Martin offre l’abri espéré, inauguré le 15 novembre 1839, Le musée y est toujours.

Vingt ans de prospérité, des envois de sujets de toutes les parties du monde. En 1960, on y observe 723 mammifères, 2887 oiseaux, 300 serpents, 253 poissons. empaillés.

La muséographie d’alors est simpliste. Les animaux sont empilés dans les vitrines, sans autre indication qu’une petite étiquette en latin. Alors, cette curiosité qui avait fait courir les foules s’éteint. Le musée n’est plus qu’un lieu récréatif pour les gosses. Il n’y a pas d’argent.

Deux guerres vont passer avant une heureuse résurrection nécessitant deux ans de fermeture. Le renouveau se manifeste avec treize diaporamas didactiques (1964) avant une complète refonte d’un ensemble présentant aujourd’hui la vie sur terre, depuis ses origines. Mais c’est là une autre histoire.