FOSSES-LA-VILLE

Le p’tit déj’, aux sons du cornet

Le p’tit déj’, aux sons du cornet

Céline Caufriez exécutant la sonnerie du réveil aux 4 coins de la ville, vers les 5 heures du matin. ÉdA – 50171678908

Dès 5 heures du matin, la cheffe de la musique de la Royale Philharmonique de Fosses «sonne» au vent le réveil de la ville.

Deux heures avant l’aube, et la septennale est déjà en route, en toute intimité. Il n’y a personne, mais la nuit, encore bien noire, est habitée. La cité est au bord d’un jour comme un Fossois, et encore s’il a de la chance, ne peut en vivre que treize au cours de son existence. Alors, çà et là, de petites troupes ne perdent pas de temps à dormir. Des pelotons sont en mouvement. Sous la tension de l’attente, l’obscurité générale agrège de proches roulements de tambours avec de bien plus lointains amenés par un vent de tempête.

Deux ombres matinales se glissent dans cette nuit d’automne venteuse. Pour la première fois, Céline Caufriez, la cheffe de la musique de la Royale philharmonique de Fosses, s’en va sonner le réveil de son cornet. Elle se rend aux quatre coins de la cité de Feuillen, de la chapelle Saint-Roch à la collégiale, et au lieu-dit En Leiche, quartier du cœur de ville, pour disperser au vent ces quelques notes allègres de cavalerie. «Réveillez-vous! Réveillez-vous! Le grand jour est arrivé» dirait le cuivre s’il avait eu une voix.

La cheffe de musique exécutant pour la première fois cette ancienne tradition musicale, elle est accompagnée du sonneur au clairon des éditions précédentes, Claude Barthélemy.

La sonnerie du réveil trouve du répondant. De nombreuses grappes de marcheurs se répandent déjà dans les rues. Il en arrive de tous côtés.

A quelques heures du départ d’un cortège qui va aller promener les glorieuses reliques de Monsieur Saint-Pholien par monts et par vaux, il faut ensuite penser à manger.

L’officier des Mamelucks, Stéphane Lainé, sacrifie à la tradition d’un petit-déjeuner rabelaisien servi dans un des gîtes d’Apothecarius, rue Victor Roisin. Selon la tradition, la sonneuse du réveil rejoint le domicile de la présidente de la Musique, Paule Piéfort, qui propose aux matineux des oeufs et du bacon. Au milieu de la table trône une statue du patron de la cité.

L’aube lève l’ancre de ce jour de grande fête et fait converger les compagnies sur la ligne de départ de la septennale. Quand celles-ci s’ébranlent pour gagner la prairie du Pautche, l’émotion des anciens est à son comble.

Le soleil finit par se lever, mais sa lumière brillante ne fera que passer. Le vent vient de la bousculer pour y mettre à la place un bataillon de nuages menaçants prêts à attaquer et à la cingler. Sur le front de la St-Feuillen, on sait déjà qu’il faudra composer avec la pluie, tôt ou tard.

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