FRANCE

VIDÉOS | Des gilets jaunes s’invitent à la Techno Parade à Paris, échauffourées à Toulouse

Quelques centaines de «gilets jaunes» se sont glissés samedi devant la 21e Techno Parade à Paris, ralentissant le cortège de «teufeurs» dédié cette année à Steve, mort à Nantes lors d’une Fête de la musique marquée par une opération policière controversée.

«Grève, blocage, Macron démission», scandaient les manifestants refusant de quitter leurs «gilets jaunes» comme leur demandaient les organisateurs de la Techno parade.

«La rue est à tout le monde!», a justifié un «gilet jaune», tandis que d’autres manifestants criaient «Castaner démission».

«Nous n’avons pas invités les gilets jaunes. On regrette cette récupération», explique Tommy Vaudecrane, président de Technopol, l’association historique de défense des musiques électroniques qui a créé la Techno Parade en 1998 avec le soutien de l’ex-ministre de la Culture Jack Lang.

Vitrine annuelle des musiques et cultures électroniques, le défilé la 21e Techno Parade, plus revendicatif que jamais, a pris cette année pour mot d’ordre «Dansons pour Steve» en hommage au «teufeur» de 24 ans retrouvé noyé dans la Loire.

En témoigne la banderole de tête portant le nom de Steve accompagné de dessins de CRS utilisant des gaz lacrymogène et des pancartes «justice pour Steve». Derrière, le char du collectif des free parties réclame des «fêtes libres».

Toulouse: près d’un millier de gilets jaunes et des échauffourées

Près d’un millier de «gilets jaunes» ont manifesté samedi à Toulouse, où la police a à plusieurs reprises fait usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau, et a procédé à au moins une interpellation, a constaté l’AFP.

Le cortège s’est élancé à 14H, comme tous les samedis sans interruption depuis le début du mouvement, derrière une banderole proclamant «Marre de survivre, on veut vivre».

À leur arrivée sur la place du Capitole, où se déroulait une manifestation dédiée aux seniors, les «gilets jaunes» ont fait face aux forces de l’ordre, qui ont fait usage à plusieurs reprises de grenades lacrymogènes, noyant la place sous un épais nuage de fumée, et créant des mouvements de panique parmi les badauds.

Aux cris de «Anticapitaliste», un des slogans rituels à Toulouse, les manifestants s’étaient auparavant arrêtés devant un Mc Donald’s, où un parasol a été enflammé, tandis que les vigiles tentaient en vain de baisser le rideau de fer.

Des tags (»Toc Toc Moudenc» en référence à Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, ou «Nos désirs sont désordre») ont aussi été inscrits sur la façade de l’hôtel de ville.

Les «gilets jaunes» ont ensuite repris leur déambulation sur le boulevard longeant le centre historique, où après plusieurs sommations, les forces de l’ordre ont à nouveau tiré des gaz lacrymogènes puis fait usage du canon à eau pour les disperser.

En fin d’après-midi, des groupes de manifestants restaient massés sur le boulevard, régulièrement repoussés par la police.

En chute pendant l’été, avec quelques centaines de manifestants, la mobilisation à Toulouse, un des bastions du mouvement, a repris avec la rentrée, même si elle reste loin de son pic de l’hiver, avec jusqu’à 10.000 manifestants alors dénombrés par la préfecture.