Climat: agir chacun à son échelle

Climat: agir chacun à son échelle

Isoler une surface de toit de 22 m² ou un mur de 23 m² permet d’économiser 710 kg de CO2 par an. Photo News

Le dérèglement climatique est à la une de l’actualité. L’ASBL ÉcoConso lance à cette occasion une campagne pour diminuer son empreinte écologique.

Chaque année, un Belge produit en moyenne 12 tonnes de CO2. Pour tenter de rester en dessous des 1,5 °C de réchauffement global et respecter l’Accord de Paris, nous devons réduire de 50% nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

C’est un sacré défi et pourtant c’est possible, selon l’ASBL ÉcoConso. Celle-ci a listé une série de mesures et d’actions à mettre en œuvre, dont certaines concernent la maison. Concrètement, chacun d’entre nous peut agir à son échelle pour essayer d’éviter la catastrophe annoncée par la plupart des scientifiques et experts du climat. Diminuer son empreinte écologique, c’est à la fois des investissements et des changements comportementaux. Les investissements concernent notamment l’isolation, le chauffage, l’eau chaude et l’énergie.

Isoler avant tout

On sait que le parc résidentiel en Wallonie est assez vétuste et que les déperditions énergétiques sont nombreuses. «L’isolation reste incontournable si nous voulons atteindre les objectifs fixés, estime Jonas Moerman, expert énergie chez ÉcoConso. Elle nécessite cependant de gros budgets et le retour sur investissement est assez long, même si le confort des habitants est immédiatement amélioré. Le problème des primes est central car il faut être propriétaire pour y avoir droit. L’audit énergétique est un préalable. L’expert va préciser la priorité des travaux à réaliser tout en les chiffrant. Pour avoir droit aux primes, ces priorités devront être respectées. Pour le financement, je pense qu’il faudra mettre en œuvre d’autres mécanismes comme une taxe carbone. Le public se montre cependant hostile à cette idée de taxe, mais elle permettrait de mieux aider ceux qui ne disposent pas du budget suffisant pour réaliser les travaux

Isoler une surface de toit de 22 m² ou un mur de 23 m² permet d’économiser 710 kg de CO2 par an. Isoler 17 m² de sol et installer 4,5 m² de double vitrage à haut rendement, ce sont 700 kg de CO2 supplémentaires qui seront économisés.

Mieux consommer

En utilisant son chauffage de manière plus rationnelle, il est possible de gagner de 200 à 250 kg de CO2 par an tout simplement en modifiant ses comportements: baisser la température la nuit et quand on sort, bien programmer le thermostat, éviter les courants d’air… Il est également conseillé de ne plus utiliser d’énergies fossiles (mazout et gaz) en préférant une pompe à chaleur ou la biomasse.

Nous pouvons également agir en privilégiant les producteurs d’énergie verte, en optant pour une chaudière à condensation, en installant un chauffe-eau solaire, en utilisant des panneaux photovoltaïques…

«Pour les nouvelles constructions, il faut aussi penser à leur localisation. Il ne sert à rien d’avoir une maison 100% écologique s’il faut faire de longs trajets en voiture pour accéder à son lieu de travail», fait remarquer Jonas Moerman. Dans l’avenir, il est évident qu’il faudra avoir une réflexion sur la densification de l’habitat et l’urbanisme.

Un programme à la carte

«La campagne renseigne 16 actions phares que chacun peut mettre en place pour participer à l’effort climatique. Écoconso détaille les actions et donne plein d’astuces pour arriver à les mettre en pratique. Chacun peut piocher dedans et composer son propre programme pour réduire ses émissions de CO2 de 50% en 10 ans», conclut Jonas Moerman.

Les astuces et idées pour participer à l’effort se retrouvent sur le sitewww.ecoconso.be

Le mot de l’expert

Jonas Moerman, conseiller énergie ÉcoConso

«Notre campagne annuelle colle à l’actualité. Elle vise à faire prendre conscience à chacun de son empreinte écologique au travers d’une série de chiffres. Ceux-ci sont des ordres de grandeur. À titre d’exemple, 1 000 m³ de gaz produisent 2 tonnes de CO2, 1 000 l de mazout produisent 2,6 tonnes de CO2. Réduire son empreinte écologique nécessite des budgets parfois importants, raison pour laquelle nous avons phasé les travaux à réaliser sur une dizaine d’années. L’objectif est de passer de 12 tonnes par an et par habitant aujourd’hui à 5,4 tonnes en 2030. Concrètement, cela signifie qu’on doit mettre en place une action par an qui permet d’économiser 700 kg de CO2 environ les premières années. On conserve l’action précédente et on y ajoute une nouvelle action chaque année. Pour choisir ses actions, il faut comprendre ce qui génère le plus d’émissions dans nos comportements.»