FRANCE

VIDÉOS | Un samedi de manifestations à risque, déjà 106 interpellations à Paris

Plusieurs centaines de personnes se revendiquant des «gilets jaunes» étaient rassemblées à Paris samedi matin dans différents points de la capitale, sous haute surveillance des forces de l’ordre qui cherchent à prévenir les attroupements.

Cent six personnes ont été interpellées depuis le début de la journée samedi à Paris, où l’acte 45 des «gilets jaunes» coïncide avec plusieurs autres manifestations, selon un bilan à 13H de la préfecture de police de Paris.

Des «armes par destination», comme des boules de pétanque ou des marteaux, ont été saisies par les forces de l’ordre. Des manifestants ont également bravé l’interdiction des rassemblements liés aux «gilets jaunes» dans plusieurs lieux de la capitale, notamment dans le secteur des Champs-Elysées, théâtre depuis le matin de tensions sporadiques.

Les forces de l’ordre, au dispositif musclé, ont dispersé environ 300 personnes qui tentaient de se rassembler place de la Madeleine à l’appel d’Attac et Solidaires, malgré l’interdiction formulée vendredi par la PP. Selon une source au sein de la PP, les forces de l’ordre ont pour mission d’intervenir rapidement dès que des attroupements se forment.

Les manifestants, la plupart sans gilets jaunes mais se revendiquant de ce mouvement social né le 17 novembre 2018, ont été bloqués par les forces de l’ordre dans le quartier de la gare Saint-Lazare. Elles ont tiré une fois du gaz lacrymogène pour disperser la foule.

«Nous sommes traités comme des criminels», s’est énervée Brigitte, militante écologiste. Parmi les slogans entendus: «la rue, elle est à nous».

Le préfet de police a mobilisé un dispositif serré avec 7.500 forces de l’ordre, des lanceurs d’eau, et le retour dans les rues de véhicules blindés de la gendarmerie. Des quartiers entiers du centre de la capitale étaient quadrillés de patrouilles, des policiers en uniforme et en civil contrôlant et fouillant massivement les personnes présentes.

Les autorités disent craindre un retour des violences, comme au plus fort du mouvement des «gilets jaunes», mobilisés depuis dix mois contre la politique sociale et fiscale du gouvernement.

Une source sécuritaire évoquait ainsi des risques de «convergence» entre «gilets jaunes» et militants «Black Blocs qui veulent tout casser».

Les appels de groupes «gilets jaunes» à monter sur la capitale se sont multipliés, certains faisant des ouvertures aux écologistes. Qui entendent de leur côté maintenir la pression sur le gouvernement, au lendemain d’une «grève mondiale pour le climat» historique.

Certains activistes se prennent à espérer une «convergence», comme Aurélie Trouvé du mouvement altermondialiste Attac, pour qui «les préoccupations de fin du monde et de fin du mois sont articulées».

«Cette journée est symbolique pour nous, pour la convergence des luttes entre le climat, les retraites», a expliqué Éric, «gilet jaune» venu de Toulouse (sud-ouest) avec sa compagne, tous deux cadres. Ils ont prévu d’aller à la marche pour le climat.

Ce défilé «pour le climat et la justice sociale» partira à la mi-journée du centre de la capitale, à l’appel de nombreuses ONG. Les organisateurs espèrent une forte mobilisation, même si la manifestation de vendredi sur le climat n’a réuni qu’un peu moins de 10.000 personnes dans la capitale, selon un comptage du cabinet Occurrence pour des médias.

Des dizaines d’actions sont prévues un peu partout à travers la France pour cette journée de mobilisation.

Samedi verra également une manifestation à l’appel du syndicat Force ouvrière contre la réforme des retraites et le début des Journées du patrimoine, qui attirent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs.

Par mesure de précaution, plusieurs monuments resteront fermés, comme l’Arc de triomphe, sérieusement dégradé en décembre par des manifestants, et les musées des Petit et Grand Palais. Le palais présidentiel de l’Élysée ne sera accessible que sur réservation.

«C’est bien que les gens s’expriment […] il faut que cela puisse se faire dans le calme», a souhaité le président Emmanuel Macron vendredi.

«J’appelle chacun à ce que cela puisse se faire en bonne intelligence, en concorde et dans le calme pour que nos plus jeunes et nos moins jeunes puissent visiter les bâtiments, en profiter», a-t-il ajouté en référence aux Journées du patrimoine.