SAINT-GEORGES

Il avait placé des caméras dans les toilettes de l’école de Don Bosco

Il avait placé des caméras dans les toilettes de l’école de Don Bosco

L’homme à tout faire avait placé des caméras dans les vestiaires et les toilettes de l’école pendant plus de 5 ans. -

L’homme à tout faire de l’école fondamentale libre de Don Bosco avait été placé en détention préventive en mars dernier après qu’on ait retrouvé des vidéos et des images d’enfants pris dans les toilettes et vestiaires de l’école où il travaillait. Il risque cinq ans de prison.

Il a avoué être fétichiste des sous-vêtements féminins. C’est pour cette raison que quelques mois après avoir été engagé à l’école fondamentale libre de Don Bosco comme homme à tout faire en septembre 2013, il avait placé des caméras dans les vestiaires des filles et les toilettes de l’école.

«Dans ses premières auditions, monsieur avait utilisé des excuses peu crédibles, comme le fait que les caméras étaient là car il y avait eu des vols dans les vestiaires, et celle des toilettes, car des enfants faisaient pipi sur la planche», explique le premier substitut Sabine Cabay.

Mais tout avait commencé en janvier dernier, quand le parquet s’est saisi de cette affaire après avoir appris par le parquet fédéral le téléchargement de photos pédopornographiques sur l’ordinateur du prévenu. Une perquisition avait alors eu lieu, et les enquêteurs sont tombés non seulement sur plus de 800 images pédopornographiques mais également sur des vidéos et des photos prises sur le lieu de travail de l’homme à tout faire.

Qui a finalement avoué avoir un problème à l’audience correctionnelle ce vendredi matin. «Je sais que ce n’est pas normal et je m’excuse auprès de toutes les personnes que j’ai pu blesser.» L’homme est également prévenu d’attentat à la pudeur sur une enfant de 4 ans dont il aurait baissé le pantalon avant de le remonter en janvier 2019, soit plusieurs mois avant que ces faits soient mis au jour. Une prévention qu’il conteste. «Je soignais souvent les enfants qui s’étaient blessés, explique-t-il. Je ne baissais les pantalons que si les enfants étaient blessés au genou et qu’il n’était pas possible de remonter le bas du pantalon. Si l’enfant était blessé au nez, je n’ai jamais baissé son pantalon.»

Sa fille aussi

Dans les vidéos se trouvaient également des images de sa propre fille, née en 2011, des caméras ayant été également installées chez lui.

«Quand la police est venue saisir l’ordinateur familial, ma cliente est tombée de très haut, raconte Me Andernack, le conseil de l’épouse du prévenu. Elle n’avait jamais été interpellée par un comportement bizarre, elle avait confiance, son mari s’entendant bien avec les enfants. La famille n’avait pas de vie sociale à part l'école, monsieur y passait tout son temps. L’affaire a pris une ampleur considérable pour madame et pour sa fille à qui on a dû expliquer ce qu’il s’était passé et pourquoi son papa était en prison depuis le mois de mars.» L’épouse s’est donc portée partie civile à concurrence d’un euro à titre définitif pour elle et 1 500€ pour sa fille.

Compte tenu du risque de récidive et de la longueur de la période infractionnelle, le parquet a requis une peine de 5 ans de prison à l’encontre du prévenu.

Jugement le 4 octobre prochain.