TOURNAI

Le Tournai d’avant: André Gosselin ou le don de soi

Il est des femmes et des hommes qui gardent les idéaux de générosité, de solidarité..Ainsi sont les bénévoles dont il se dit «sans eux, rien ne serait possible»; il est d’autres acteurs qui, leur profession, se veulent et sont «au service». Ainsi fut André Gosselin.

Né à Kain le 19 novembre 1919, c’est à Tournai, dans le communal que le petit garçon fait ses classes. À la n° 5, au Château, l’une des écoles parmi les plus renommées. À sa tête, M. Vandendriessche, main de fer dans un gant de velours. C’est là qu’André Gosselin va définir son destin: il sera instituteur.

Son diplôme acquis à Mons, il entre avec enthousiasme parmi les enseignants: au 4e degré, en 1939. Boulimique, il aime enseigner, assure des heures, même le week-end, à l’école Industrielle de Leuze – plus tard à Tournai – il le dira souvent «enseigner, ce n’est pas une profession mais une vocation »

La guerre? Un intérim entre les 18 jours et Von Rundsted. Il revient au tableau noir, multiple ses cours – même la physique – mais c’est au Château qu’il se sent le mieux. C’est là, avec une fermeté qui n’a d’égale que sa patience, une rigueur qui est aussi gentillesse, qu’il donne toute sa mesure car s’il aime enseigner, transmettre. Il sait «qu’il faut nourrir ces jeunes esprits» et s’y emploie. Il ne fait pas qu’instruire, il éduque; le fond et la forme, c’est un tout. Même directeur (en 1966), il est le premier le matin, le dernier le soir. Il le répète «être enseignant c’est accepter une mission, une responsabilité, un devoir, celui de bâtir l’avenir de nos écoliers».. Aux élèves qui traînent la patte, il leur explique, les guide, après la cloche.

L’exemple galvanise son petit monde, équipe pédagogique comme écoliers: tous n’ont que des éloges à son égard tant la formule d’une école où la réussite est liée au travail récolte de beaux fruits.

En toge, efficacité, modestie

C’est un autre trait de son caractère, André Gosselin pratique la collégialité. Chacun s’en apercevra dès qu’il entre aux Amis de Tournai. En 1946. Car il aime tant sa ville, il veut bâtir pour elle, la rendre plus visible, plus attractive.

Ses initiatives, comme ses collaborations sont très nombreuses. Il est un des fondateurs des Chevaliers de la Tour, organisme créé pour ceux qui rendent service à la cité (1953); un Salon de l’Alimentation fait les beaux jours des commerçants locaux, il revient à ses amours d’instit’avec les Festival des gosses (1980), écrit une «brique» de plus de 400 pages pour les 75 ans du Syndicat d’initiative où sont repris les Quatre cortèges, les journées agricoles mais aussi des conférences, des kermesses. afin que Tournai vive.

Il n’est pas seul, mieux, il est discret, écoute, analyse, organise avec une équipe qui est quelque part son double.

Son sourire est une arme, sa parole une voie, seule la Camarde a raison de sa volonté de servir, le 22 mai 2013.

Il était un homme de cœur, il est toujours exemple.