CHRONIQUE

Taverne au pub, la Premier League par la petite lucarne: Liverpool est Red dingue de Klopp

Taverne au pub, la Premier League par la petite lucarne: Liverpool est Red dingue de Klopp

Bruno Taverne. Photo News

Bruno Taverne, M. Foot anglais de VOOSport, nous livre son regard sur la Premier League.

Arrivé à Anfield en octobre 2015 avec son fidèle assistant Peter Krawietz, Jürgen Klopp est un homme d’éclats.

Que ce soit à Mainz ou au Borussia Dortmund, il a laissé une trace, une histoire et des trophées.

Mainz a accédé à la Bundesliga pour la première fois de son histoire en 2004, le Borussia fut sacré deux fois champion d’Allemagne (2011 et 2012) et vécut trois finales de Coupe (une victoire en 2012).

Il reste une finale perdue en Ligue des Champions comme douloureux souvenir face au Bayern à Wembley en 2013.

Dans la foulée et quasiment sans transition, le jeune entraîneur allemand est parvenu à hisser les Reds en finale de la Ligue Europa (2016) et à les placer à deux reprises en finale de la compétition la plus prestigieuse. Il devient ainsi le quatrième manager du club à décrocher la Ligue des Champions. Cette victoire met fin pout lui à six échecs consécutifs lors d’une finale majeure.

Là où certaines défaites masquent à jamais l’état d’esprit d’un vainqueur, d’autres y puisent le nécessaire terreau pour fertiliser l’avenir.

Avec trois fois moins d’argent dépensé que certaines grandes écuries, Klopp remporte des titres.

Le vice-champion d’Angleterre marque son territoire sur les plaines d’Europe, et la défaite de ce mardi face à Naples ne change rien à cet état de fait.

Mais ce que recherche vraiment Liverpool depuis 1990, c’est un titre de champion d’Angleterre.

Le club le plus titré du football anglais avec 46 trophées majeurs ne supportera plus très longtemps la moindre glissade dans un sprint final sur ses propres terres. A force, les coeurs se fragilisent.

Pas celui de Klopp qui continue de donner l’exemple, il est comme le jeu qu’il prône: direct et frontal.

Il vous regarde droit dans les yeux, relâche une mâchoire trempée dans l’acide et vous assène une vérité cinglante.

Il en rit, l’adversaire nettement moins.

C’est pareil pour son équipe, elle vous prend à la gorge, vous suspend à vos propres filets et vous épuise.

Son jeu fut longtemps totalement basé sur la projection vers l’avant dès la récupération du ballon effectuée. Chaque perte de balle vous infligeait une reconversion rapide censée déchirer l’axe de votre défense. Aujourd’hui, ce jeu se complète encore par d’autres choix offensifs tant ses flancs sont performants.

Par la grâce de joueurs d’exception autant sur le plan physique, mental et technique, Liverpool peut également poser son jeu tout en restant dominant. Et c’est toujours aussi rapide.

Face à Newcastle lors du dernier week-end, les statistiques indiquent une possession de balle sur l’ensemble de la rencontre de 76%, 21 tirs dont 9 cadrés, 10 corners obtenus et 3 buts marqués. Une déferlante.

Cette équipe reste sur quatorze victoires d’affilées en championnat et trône au sommet du général avec un bilan de quinze points sur quinze.

Comment faire mieux? En battant Chelsea ce dimanche à Stamford Bridge.

Une rencontre qui s’annonce de très haut niveau.

Un niveau que Jürgen Klopp ne souhaite jamais quitter.