Fabriquer des tissus et des cendriers avec des champignons ?

Fabriquer des tissus et des cendriers avec des champignons ?

Ugo fait des expériences étranges avec des champignons, pour fabriquer des tissus, des matières diverses... -

Dans un hangar d’Anderlecht (Bruxelles), plusieurs passionnés de champignons font des expériences et des recherches étonnantes.

Anouk et Ugo nous reçoivent dans leur Fungal lab, un laboratoire qui fait de la recherche sur les champignons. Trois projets y sont menés, nous expliquent-ils.

Théo, avec son projet Smartmush, aime expliquer ce qu’est un champignon, comment il pousse… Il organise des ateliers, ainsi que des animations dans les écoles. Il fournit même du matériel pour faire pousser des champignons soi-même.

Un cendrier qui mange les mégots !

Audrey, elle, mène des expériences sur différents terrains de la région bruxelloise pour tenter de les dépolluer: il y a des champignons qui pourraient manger certains polluants et «nettoyer» les sols !

Elle a aussi fabriqué un cendrier en champignons, qui pourrait «manger» une partie des substances des mégots de cigarettes ! Elle en a fourni 70 au festival Cabaret Vert, au nord de la France, fin août. Elle les a récupérés remplis et observe comment les cendriers digèrent les mégots, en combien de temps…

Des textiles fongiques

Enfin, Ugo et Anouk, eux, cultivent des levures et des champignons pour essayer d’en faire des «tissus».

Anouk explique: «La plupart des outils et des connaissances sur les champignons sont encore assez récents, ils se sont développés à partir des années 1990. La recherche mycologique (les scientifiques qui étudient les champignons) est en train de faire de la taxinomie (nommer et classer les sortes de champignons). Mais on découvre qu’on peut faire un tas de choses avec les champignons. Nous, on pense à l’aspect pratique, appliqué

Anouk et Ugo vont donc dans la nature prélever des souches de champignons. Ils les isolent puis les travaillent pour en faire des textiles. Sur des copeaux de bois, sur une étamine (tissu léger avec des fins trous), avec des grains de céréales…, ils laissent les champignons se développer en les nourrissant, en les colorant avec du café, du thé, de la betterave…

Puis à un moment, ils laissent sécher le champignon pour qu’il cesse de grandir. Certains tissus obtenus sont épais, d’autres très fins. On a l’impression de toucher du cuir, ou du daim, ou du papier doux… Le résultat est étonnant ! S’habillera-t-on un jour de champignons?

Le Fungal lab organise des animations pendant la deuxième quinzaine de septembre. L’occasion d’y aller !

Maÿtu sur Facebook et

www.smartmush.com

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