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Plusieurs communes liégeoises se rassemblent autour d’un bureau d’avocats pour demander des comptes à Nethys

Plusieurs communes liégeoises se rassemblent autour d’un bureau d’avocats pour demander des comptes à Nethys

C’est ce qu’a indiqué mercredi sur La Première (RTBF) le bourgmestre d’Olne Cédric Halin, qui fut le lanceur d’alerte du scandale Publifin il y a bientôt trois ans. Philippe Labeye

Des communes liégeoises associées dans l’intercommunale Enodia (ex-Publifin) se rassemblent autour d’un bureau d’avocats pour tenter d’obtenir davantage d’informations sur les cessions d’actifs engagées par la filiale privée Nethys, afin de s’assurer que l’argent de ces ventes reviendra bien dans leurs caisses.

C’est ce qu’a indiqué mercredi sur La Première (RTBF) le bourgmestre d’Olne Cédric Halin, qui fut le lanceur d’alerte du scandale Publifin il y a bientôt trois ans.

«Nous n’avons actuellement aucune garantie que l’argent va remonter dans les caisses des communes» via un dividende exceptionnel d’Enodia, affirme M. Halin, élu il y a un an.

Mardi, Fabian Culot, administrateur MR d’Enodia et ex-député wallon, estimait sur la RTBF que les communes sortiraient gagnantes de la vente des actifs. «On comparera demain le capital investi par rapport au retour garanti si la cession des actifs intervient, et je pense que l’on constatera que personne n’aura perdu un euro», a-t-il dit.

Cédric Halin note pour sa part que ce qui a créé du bénéfice par le passé vient de la «surfacturation» au client des activités gaz et électricité, mais que «depuis 20 ans, on ne perçoit plus un euro de l’activité du câble».

Si Olne devait retrouver sa part de 0,2% du capital des activités câbles, pas moins de 2 millions d’euros – soit la moitié du budget communal – entreraient dans les caisses communales, selon le bourgmestre.

Répondant à des demandes du gouvernement wallon et de l’intercommunale, Nethys s’est engagée à la veille des élections dans plusieurs privatisations d’actifs concurrentiels, jugés inappropriés à être gérés par une intercommunale.

Nethys s’est ainsi engagée à vendre le câblodistributeur Voo au fonds d’investissements américain Providence, sous réserve d’une opération concernant Brutélé, ainsi que Win (réseaux et données) et Elicio (énergie renouvelable) à des sociétés détenues notamment par un de ses administrateurs, l’entrepreneur François Fornieri (Mithra Pharma). Ce dernier y reprendra l’homme fort de Nethys, le controversé Stéphane Moreau.

Les questions portent sur les garanties de préservation des intérêts publics, à savoir le maintien de l’emploi et de l’activité en région liégeoise ainsi qu’un prix des ventes suffisamment élevé pour les cessions de Win et Elicio à un administrateur de Nethys (conflit d’intérêts potentiel).

Nethys met également en vente le groupe de presse L’Avenir. Selon ce dernier, Rossel, IPM, N4 (investisseurs privés hors secteur presse) sont en lice, ainsi qu’une quatrième piste encore inconnue.