CLIMAT

Plus 7°C en 2100? Des nouvelles projections scientifiques très alarmantes

Plus 7°C en 2100? Des nouvelles projections scientifiques très alarmantes

L’urgence climatique sera au cœur d’une nouvelle semaine d’actions mondiales à partir de vendredi. Belga (Illustration)

Le réchauffement climatique s’annonce plus prononcé que prévu, le scénario du pire prévoyant +7°C en 2100, ont averti ce mardi des scientifiques français en présentant des nouveaux modèles climatiques très alarmants, qui serviront de base pour le GIEC.

Les experts climat de l’ONU dévoileront en 2021 leur nouveau rapport d’évaluation sur l’évolution du climat, le sixième depuis 1990. Une centaine de chercheurs et d’ingénieurs français, notamment du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de Météo-France, ont travaillé à élaborer deux modèles climatiques qui viendront alimenter ces travaux. Ces modèles ont ensuite été soumis à plusieurs scénarios socioéconomiques.

Dans le scénario le plus pessimiste, basé sur une croissance économique rapide alimentée par les énergies fossiles, la hausse de la température moyenne mondiale atteint 6,5 à 7°C en 2100. Dans le dernier rapport du GIEC de 2014, le pire scénario prévoyait +4,8°C par rapport à la période pré-industrielle.

Qu’est-ce que cela signifierait concrètement pour les sociétés humaines? Les multiplications des vagues de chaleur sont un bon exemple, ont répondu les scientifiques lors d’une conférence de presse. La canicule de 2003, qui avait tué 15.000 personnes dans l’Hexagone, deviendrait la norme dès les années 2050.

La mobilisation reprend en Belgique

L’urgence climatique sera au cœur d’une nouvelle semaine d’actions mondiales à partir de vendredi, en marge du sommet de l’ONU sur le climat convoqué à New York. En Belgique, manifestations, concert, assemblée citoyenne et conférence se succéderont pour raviver la mobilisation et faire pression sur les élus afin qu’ils revoient leurs engagements climatiques à la hausse.

Ce vendredi, la vingtaine d’ONG, d’associations et de collectifs organisateurs (Greenpeace, WWF, Amnesty, Rise For Climate,…) espèrent une présence massive à Bruxelles pour la troisième «grève mondiale pour le climat», une initiative inspirée par la désormais célèbre activiste Greta Thunberg. Le rendez-vous est donné à 13h30 à la gare de Bruxelles-Nord. Les manifestants – jeunes et moins jeunes, syndicats, organisations environnementales et représentants politiques – devraient ensuite défiler jusqu’au parc du Cinquantenaire en passant par la petite Ceinture, la rue de la Loi et Schuman.

Le lendemain, la plage d’Ostende servira de décor à un concert organisé de 13h à 14h pour sensibiliser au sort des réfugiés climatiques.

Le dimanche, journée sans voiture à Bruxelles, les citoyens seront à nouveau invités à se rassembler à l’initiative du collectif Rise For Climate sur la place Jean Rey, en présence notamment des deux représentantes du mouvement Youth For Climate, Anuna De Wever et Adélaïde Charlier. Des discours et animations musicales sont prévues de 11h00 à 13h00.

La mobilisation se poursuivra la semaine suivante avec une assemblée citoyenne, une conférence sur la transition alimentaire, une journée dédiée au nouveau rapport du Giec sur les océans, attendu mercredi, ou encore des actions dans les écoles.

Ceci s’accompagnerait de «sécheresses beaucoup plus longues et étendues», «à partir de 2070 une Garonne à sec pendant quelques mois», «des pratiques agricoles fortement remises en cause», «des feux de forêt qui se multiplient dans des régions où aujourd’hui ils ne sont pas trop fréquents», a énuméré David Salas y Mélia, chercheur climatologue et responsable climat au centre de recherche CNRM (Météo-France-CNRS).

Les scientifiques ont aussi soumis leurs modèles climatiques à d’autres scénarios. Le plus optimiste, basée sur une forte coopération internationale et la priorité donnée au développement durable, permettrait «tout juste» de rester sous l’objectif de 2°C de réchauffement et «au prix d’un dépassement temporaire de l’objectif de 2°C au cours du siècle». Ce scénario implique la diminution immédiate des émissions de CO2, la neutralité carbone à l’échelle du globe en 2060 et une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100, ce qui techniquement est incertain.