BELGIQUE – R.D. CONGO

Félix Tshisekedi acueilli au Palais d’Egmont par Charles Michel

Le président congolais, arrivé hier soir en Belgique, a été officiellement accueilli ce mardi en fin de matinée par le Premier ministre au Palais d’Egmont pour une rencontre avec les principaux ministres du gouvernemental fédéral démissionnaire.

L’accueil officiel, avec les honneurs militaires, sur fond d’hymnes nationaux – Debout Congolais et la Brabançonne – joués par la Musique des Guides, s’est déroulé dans la cour d’honneur du Palais d’Egmont à Bruxelles.

MM. Michel et Tshisekedi ont passé en revue les troupes avant le début d’une rencontre entre les principaux ministres du gouvernement belge – Didier Reynders pour les Affaires étrangères et la Défense, Alexander De Croo pour la Coopération au développement et Pieter De Crem pour l’Intérieur – et la délégation congolaise, qui comprend notamment la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza.

Cette «réunion gouvernementale» doit se conclure par la signature de Memorandum d’entente (MoU) et lettres d’intention. Ces documents portent notamment sur la réouverture des consulats belge à Lubumbashi (sud-est de la RDC) et congolais à Anvers, fermés par Kinshasa au plus fort d’une crise diplomatique causée par les critiques belges sur le report, à plusieurs reprises, des élections qui se sont finalement tenues fin de l’an dernier.

D’autres concernent la définition d’un programme «transitoire» de coopération au développement – après la suspension des activités de l’agence belge Enabel en RDC -, l’établissement d’un «dialogue politique à haut niveau» entre Bruxelles et Kinshasa et une possible reprise de la coopération militaire entre les deux pays, interrompue abruptement par le régime Kabila en avril 2017.

Le roi Philippe recevra ensuite M. Tshisekedi en audience au Palais royal, avant une photo officielle avec les épouses, la reine Mathilde et la «première dame» Denise Nyakeru.

 

Des manifestants hostiles à Félix Tshisekedi

Une bonne centaine de manifestants issus de la diaspora ont exprimé leur hostilité au président congolais Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, au premier jour de sa visite en Belgique, en se rassemblant bruyamment mais sans incident notable à proximité du Palais d’Egmont à Bruxelles où il a rencontré les principaux ministres du gouvernement.

Tenus à distance par la police, ces manifestants - une centaine selon la police, environ 150 selon l’estimation d’un journaliste de l’agence Belga - scandaient des slogans dénonçant l’illégitimité du chef de l’Etat congolais, proclamé vainqueur de l’élection présidentielle contestée du 30 décembre dernier, et la proximité qu’il a forgée avec le président rwandais Paul Kagame.

Félix Tshisekedi acueilli au Palais d’Egmont par Charles Michel
Photo News

«Le Congo est sous occupation étrangère», affirmait une pancarte, reprenant un slogan du mouvement d’opposition Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO) de l’ancien mobutiste Honoré Ngbanda.

Félix Tshisekedi acueilli au Palais d’Egmont par Charles Michel
BELGA

Ils ont hué M. Tshisekedi à sa sortie du Palais d’Egmont et chanté «Reynders collabo» en faisant référence au ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui a, comme l’ensemble du gouvernement fédéral et la communauté internationale, fini par admettre l’élection de M. Tshisekedi en dépit des contestations post-électorales.

«Pseudo président, usurpateur, pantin, honte nationale» indiquaient d’autres pancartes portées par les manifestants, dont plusieurs qualifiaient le président rwandais, jadis soutien de plusieurs rébellions en République démocratique du Congo (RDC), d’«assassin» et de «Hitler africain».