MOBILITÉ ET SÉCURITÉ

Ceinture de sécurité: ces familles où personne ne la porte, pas même les enfants… «Le risque d’être tué existe déjà à partir de 20 km/h»

7% des Belges ne portent pas la ceinture de sécurité, ou à tout le moins pas systématiquement. Et il y a plus interpellant encore…

C’est un constat pour le moins interpellant: un enfant sur cinq ne porte pas la ceinture en voiture, si l’on en croit le troisième volet de l’enquête mobilité d’AG Insurance, auprès de plus de 1.500 personnes.

Plus largement, 7% des usagers (1 sur 14) interrogés ne portent pas la ceinture de sécurité, ou à tout le moins pas systématiquement.

«Dans le même ordre (inquiétant) d’idées, selon leurs propres dires, dans 7% des familles, personne ne porte la ceinture de sécurité, ni la personne interrogée elle-même, ni son partenaire, ni les enfants», précise Touring.

Les plus âgés portent davantage la ceinture; les 18-24 et les indépendants mauvais élèves

L’âge de l’usager n’est «clairement» pas sans lien avec le port (ou pas) de la ceinture. Ainsi, parmi les plus de 55 ans, ils déclarent être 97% à la porter.

Chez les moins de 45 ans, on passe sous la moyenne des 93%, «avec comme mauvais élèves les personnes de la catégorie des 18-24 ans, où seulement 87% portent la ceinture».

Contrairement aux indépendants (87%), les étudiants sont pourtant bons élèves (96%), si l’on observe les résultats par catégorie professionnelle.

Lorsqu’on observe la provenance géographique des personnes interrogées, les provinces de Namur, Liège et Luxembourg, pointent à 90%, alors que la Flandre occidentale et orientale sont à 95%.

Vélo: et le port du casque et des vêtements fluorescents?

Les résultats de l’enquête montrent également que le port du casque ou de vêtements fluorescents à vélo est encore loin d’être entré dans les habitudes de tout le monde: à peine la moitié des usagers reconnaissent y avoir recours.

«Et le résultat pour les enfants est à peine 10% plus haut: 6 personnes interrogées sur 10 déclarent que leur(s) enfants(s) porte(nt) un casque à vélo», indique Touring.

Concernant le port de vestes et d’accessoires fluorescents – aux chevilles ou aux poignets -, «une petite majorité des répondants seulement les porte (54%) et leurs enfants font à peine mieux, malgré les campagnes de sensibilisation à l’école notamment (55%)».

 

La ceinture réduit d’environ 50% le risque de décès ou de lésions

Pour persuader celles et ceux qui n’ont pas encore compris que le port de la ceinture n’est pas une option, il faut savoir que quelqu’un qui est éjecté d’une voiture risque cinq fois plus de mourir que quelqu’un qui est attaché.

«Autres chiffres révélateurs: de manière générale, la ceinture réduit de plus de 40% le risque de traumatisme crânien et d’environ 50% le risque de décès ou de lésions. Celui qui porte la ceinture a des chances de survivre à un accident jusqu’à 100 km/h. Beaucoup de gens ne réalisent pas que sans ceinture, le risque d’être tué existe déjà à partir de 20 km/h», précise l’Institut VIAS.

Et l’ex-Institut belge de la sécurité routière belge d’insister sur l’importance, également, du port de la ceinture à l’arrière, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent… «Lorsqu’ils ne sont pas attachés, en cas d’accident, les passagers arrière sont projetés contre le conducteur ou le passager avant et provoquent ainsi de graves lésions. En cas de choc à ‘seulement’50 km/h, la force d’impact d’un corps de 75 kilos correspond à… environ 2,5 tonnes! Le fait de heurter le dos du conducteur avec une telle masse peut s’avérer mortel. Une étude japonaise a ainsi montré que 80% des décès recensés parmi les passagers avant seraient évitables si les passagers arrière bouclaient leur ceinture».

 

Même à 50 km/h, une enfant de 25 kg se transforme en une masse d’une tonne

 

On le voit bien, même en cas de collision à une vitesse relativement faible, cela libère une force «colossale» qui propulse les occupants vers l’avant. Vu la force en présence, «il est tout à fait illusoire de penser qu’en cas d’accident, on peut se protéger soi-même ou son enfant sans l’aide de la ceinture».

Même à 50 km/h, «la force d’impact correspond à 35 fois le poids de la personne. Un enfant de 25 kg se transforme en une masse de quasiment une tonne, impossible à retenir avec les bras», d’après VIAS.

Dans un siège utilisé correctement, un enfant court trois fois moins de risques d’être tué ou gravement blessé en cas d’accident.

Les enfants de moins de 1,35 m doivent toujours être transportés dans un système de retenue adapté, à savoir un siège-auto ou un rehausseur.