FOURONS

Les Francophones commémorent la Libération et rappellent leurs droits

Les Francophones commémorent la Libération et rappellent leurs droits

Le GI George Ciampa, de retour à Fourons, 75 ans plus tard… ÉdA-Phi. Le.

La Fête du Peuple fouronnais s’est fondue, ce dimanche, en une remarquable commémoration de la Libération

Proches de la frontière néerlandaise, où les 75 ans de la Libération ont été célébrés avec fastes jusque dans les moindres villages, Fourons a vécu une commémoration grandiose, ce dimanche, à l’occasion de la 43e Fête du Peuple fouronnais, grâce à l’engagement de l’ancien bourgmestre Nico Droeven qui s’est dépensé sans compter pour réussir l’évocation.

Des efforts qui n’ont pas été vains: les cinq cents places du Centre culturel de Fouron-Saint-Martin étaient «sold out» pour une commémoration musicale par les harmonies de Teuven-Remersdael et de Fouron-Saint-Martin, de l’Occupation d’abord, de la Libération ensuite.

Fil du spectacle, inauguré par un défilé de véhicules militaires américains d’époque: les destins croisés de George Ciampa, GI débarqué à l’âge de 19 ans sur les plages de Normandie, et dont le périple allait l’amener à Fourons, et de Gérard Dodémont, 16 ans à l’époque, qui avait attendu avec impatience l’arrivée des libérateurs, le 12 septembre 1944: les deux nonagénaires étaient présents dans la salle pour revivre ce grand événement de leur jeunesse. Avec, délicate attention pour le visiteur venu des États-Unis, un hymne national américain remarquablement chanté a cappella, et une traduction en anglais de tous les passages du récit relatifs à son destin.

Mérites culturels

L’aspect politique de la Fête a été limité à quelques interventions, devant des mandataires habitués des lieux: Frédéric Daerden, le nouveau ministre PS communautaire du Budget et de la Fonction publique; le député-bourgmestre MR de Crisnée, Philippe Goffin, ou le bourgmestre cdH de Malmedy, Jean-Paul Bastin.

Jean-Louis Xhonneux, secrétaire de l’Action fouronnaise, s’est réjoui du retour dans les Fourons d’habitants francophones des environs, «après une implantation massive de Flamands, puis une immigration hollandaise importante».

Mais pour l’instant, la majorité fouronnaise est toujours flamande, ou plutôt flamingante puisque, a-t-il rappelé «les Fouronnais flamands ont voté majoritairement pour la N-VA et pour le Vlaams Belang aux dernières élections».

La culture française est négligée par l’autorité communale: les Fouronnais francophones ont dès lors décidé d’attribuer leurs premiers «Mérites culturels», qui sont revenus, sous les applaudissements de l’assistance, à l’harmonie Sainte-Geneviève de Remersdael, ainsi qu’au «chef» Dominique Habets, qui a ensuite repris sa baguette, pour diriger les plus belles marches, notamment américaines. Pour le plus grand plaisir de George Ciampa.