Namur

Fêtes de Wallonie à Namur: Prévot a prêché la belle parole

Fêtes de Wallonie à Namur:  Prévot a prêché la belle parole

Le discours du mayeur était le premier de la nouvelle législature. ÉdA – Florent Marot

Ni pique, ni règlement de compte. Le mayeur a délivré un discours des Fêtes positif, sans éluder certaines réalités, et tout en exposant sa vision de ville.

Il y a les années électorales et les autres, sans doute. Voilà qui peut expliquer la tonalité du discours de Maxime Prévot, ce samedi matin. Moins piquant que l’an dernier à l’égard de certains adversaires. À un mois des élections communales, il avait notamment égratigné le collectif de défense des arbres du square Léopold qui venait de claquer la porte des réunions de coconstruction du quartier. Cette fois, Prévot l’a joué autrement, préférant ignorer les récentes critiques. À quelques mètres de là, devant l’Hôtel de ville, Marcel Guillaume et quelques sympathisants, avaient pourtant sorti les calicots aux slogans qui rappellent leur position dans le dossier: «non à la destruction du parc arboré». C’est leur vision de ville.

Et c’est justement de vision de ville qu’il a été question dans l’allocution mayorale. Le bourgmestre, au nom de son équipe, a clamé sa motivation à faire de Namur «une ville-capitale où chacun aura du plaisir à vivre, s’épanouir et grandir. Ensemble, nous devons regarder la ville autrement, comme un espace fécond. La ville féconde nous parle d’heureux hasards, de rencontres, de vie en abondance, de renaissances. Elle nous conduit à dépasser la vision efficace et mécaniste tant recherchée par notre monde “ moderne ”.»

Le réaménagement du quartier de la gare et la création d’un nouveau parc urbain sur le site de l’Espena, s’inscrivent dans cette volonté de créer une ville féconde. Tout comme la transition écologique, l’aide aux aînés, et d’autres credo de la de la tripartite cdH-Écolo-MR.

Un mot pour la jeunesse

Prévot assimile-t-il Namur au monde des Bisounours? Quand même pas. Il n’élude pas certaines réalités comme le ras-le-bol exprimé par les citoyens vis-à-vis des décideurs.

«Ils aiment de moins en moins les hommes et femmes politiques.» Le bourgmestre de Namur déplore ce désamour. Il profite de la tribune qui lui est offerte pour redire l’honnêteté de son engagement: «Améliorer le bonheur de tous et la qualité de vie de chacun, c’est aussi le contrat de confiance que nous passons avec vous.»

Envers la jeunesse notamment, une frange de la population qui fait parties des plus «dégoûtés», il se montre compréhensif… un brin paternaliste. «Les jeunes ont un rapport au temps, à l’argent, à l’environnement et aux déplacements qui est bien différent du nôtre. Une ville moderne et féconde comme la nôtre doit le comprendre et intégrer ces aspirations nouvelles, davantage émancipatrices dans le rapport au temps et aux choses. L’enjeu n’est plus de réussir dans la vie, mais de réussir sa vie. En redonnant aussi de la valeur au travail, certainement pas en le présentant comme une charge ou une sanction.»

Au terme de la prestation, d’aucuns ne manquent pas de relativiser ces «belles paroles»; de les qualifier de paroles en l’air. Ça fait aussi partie du rituel de la cérémonie… La divergence est un signe de bonne santé démocratique. Le moment le plus fédérateur des Fêtes n’est de toute façon pas le discours du bourgmestre, c’est Li Bia Bouquet entonné dans la foulée.