JUDICIAIRE

PHOTOS & VIDÉO | La première maison de transition pour détenus en Belgique ouvre ses portes à Malines

L’établissement peut accueillir quinze personnes: la toute première maison de transition pour détenus du pays a ouvert ses portes ce lundi après-midi à Malines (province d’Anvers).

La toute première maison de transition pour détenus du pays a ouvert ses portes ce lundi après-midi à Malines (province d’Anvers), en présence du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V). L’établissement peut accueillir 15 prisonniers (hommes), qui bénéficieront d’un accompagnement spécifique afin de faciliter leur réinsertion dans la société.

Emménageront dans la maison de transition des condamnés éligibles à une libération conditionnelle. Ces détenus auront la possibilité de purger la fin de leur peine au sein d’une structure qui les prépare à une réinsertion au sein de la société. Il est en effet prouvé scientifiquement que les résidents d’une maison de transition courent moins de risque que les autres détenus de retomber dans la criminalité.

Les allées et venues des détenus resteront régies comme en prison et le bâtiment où ils vivront sera équipé d’un système de caméras de surveillance et de contrôle d’accès.

Dans cette maison, les résidents devront prendre activement leurs responsabilités, tout en étant épaulés à différents niveaux, notamment pour trouver un emploi et un logement, construire un réseau social et donner un sens à leur vie. L’objectif ultime étant qu’ils puissent se prendre en charge à l’issue de leur peine.

«Nous les préparons à leur liberté»

«Nous n’allons pas les laisser se débrouiller seuls. Nous les préparons à leur liberté, qui sera elle aussi soumise à des conditions», a déclaré le ministre de la Justice, qui a inauguré les lieux. «La sélection des détenus qui seront transférés à la maison de transition sera effectuée par l’administration de la prison dont la structure dépend, dans ce cas-ci la prison de Malines. C’est de là qu’il sera déterminé qui y est éligible pour un séjour et qui ne l’est pas. Mais les détenus de toutes les prisons du pays – et pas seulement ceux de Malines – seront pris en considération.»

Les détenus présentant un risque pour la sécurité du voisinage, tels que les délinquants sexuels ou les personnes ayant commis des faits très graves, ne seront toutefois pas retenus, a spécifié Koen Geens.

Les prisonniers seront encadrés et suivis 24h/24 et 7j/7 par des collaborateurs de l’entreprise privée G4S Care, qui désignera des travailleurs sociaux, des psychologues et des criminologues pour aider les détenus à redevenir autonomes et à se réinsérer dans la société. L’équipe de G4S Care sera aidée dans sa mission par Exodus Nederland, à qui a été confiée la gestion des maisons de transition aux Pays-Bas, où le concept existe depuis plusieurs années déjà.

«Cette ville a une grande tradition en matière de Justice»

Le ministre Geens n’est pas surpris que Malines soit la première ville du royaume à accueillir une telle structure. «Cette ville a une grande tradition en matière de Justice», a-t-il souligné. «Le Grand Conseil avait, au XVe siècle, déjà pris ses quartiers à Malines. Au 19e siècle, une prison y a été ouverte et, aujourd’hui, un pas de plus est donc fait pour la Justice à Malines.»

Le bourgmestre local Bart Somers (Open Vld) s’est également réjoui de l’ouverture d’une maison de transition dans sa ville. «Malines a longtemps eu une mauvaise réputation en matière de sécurité. Mais nous avons pu tourner cette page en réalisant de nombreuses expériences qui ont depuis été reprises ailleurs et qui sont désormais souvent utilisées comme exemples dans d’autres pays», a-t-il relevé. «Nous ne considérons pas ce projet comme un problème de sécurité, mais comme une opportunité pour la société de laisser d’anciens prisonniers réintégrer la société et laisser le monde de la criminalité derrière eux. Les gens méritent une seconde chance, nous devons leur offrir une perspective après une détention.»

Il s’agit d’un projet pilote qui fera l’objet d’une évaluation approfondie. S’il est concluant, d’autres sites seront recherchés afin d’y implanter une maison de transition au cours de la période 2020-2025.

Notons qu’un autre établissement de ce type sera inauguré à Enghien (Hainaut) au mois de janvier prochain. Il pourra accueillir une quinzaine de détenus.