RUGBY

Mort de Chester Williams à 49 ans: le destin tragique des Springboks de 1995

Mort de Chester Williams à 49 ans: le destin tragique des Springboks de 1995

Chester Williams. AFP

Les champions du monde sud-africains de 1995 sont-ils maudits?

Avec la mort vendredi à 49 ans de l’ailier Chester Williams, symbole de la nouvelle nation post-apartheid voulue par Nelson Mandela, c’est le quatrième membre de l’équipe victorieuse à Johannesburg qui s’est éteint à moins de cinquante ans.

Williams a été victime d’une crise cardiaque au Cap, où il résidait et travaillait en tant qu’entraîneur de rugby à l’Université du Cap-Occidental.

Quelques heures avant son décès, dans une vidéo postée sur son compte Twitter, l’ailier sud-africain était pourtant apparu souriant lors d’une visite dans un entrepôt de distribution de Chester’s Lager, sa marque de bière lancée la semaine dernière.

Très vite, les réactions ont afflué au sein du monde du rugby. «L’annonce de la mort de Chester est dévastatrice et dure à croire, puisqu’il était encore jeune et en bonne santé apparente», a réagi le président de la Fédération sud-africaine de rugby, Mark Alexander.

«Chester était un vrai pionnier du rugby sud-africain et ses performances lors de la Coupe du monde 1995 resteront gravées à jamais dans les cœurs et les esprits des gens.»

«Nous sommes tous sous le choc», a pour sa part déclaré son ancien équipier et sélectionneur des Springboks, Rassie Erasmus, au Japon pour préparer la Coupe du monde (20 septembre-2 novembre).

Morts précoces et maladies rares

À 49 ans, Chester Williams, seul joueur métis de l’équipe victorieuse en finale de la Coupe du monde 1995 contre les All Blacks néo-zélandais (15-12), est le quatrième membre de cette sélection à mourir avant cinquante ans. Un décès précoce qui devrait relancer les rumeurs sur sa préparation médicale.

En juillet dernier, James Small, autre ailier des Springboks, était mort à l’âge de 50 ans d’une crise cardiaque.

Avant lui, le demi de mêlée Joost Van Der Westhuizen avait lutté pendant six ans contre la maladie de Charcot avant de s’éteindre à 45 ans en février 2017. Une maladie rare dont fut également victime Tinus Linee, international dans les années 1990, foudroyé en quelques mois en 2014.

Le troisième ligne aile Ruben Kruger, auteur de l’essai si controversé contre les Bleus en demi-finale à Durban en 1995, était lui décédé en 2009 à 39 ans, des suites d’une tumeur au cerveau contractée dix ans auparavant.

Enfin, André Venter, dit «l’Indestructible» est aujourd’hui en fauteuil roulant. Ce colosse de 1 m 95 cm pour 103 kilos, international à 6 reprises entre 1996 et 2001, est touché par une myélite transverse… une inflammation de la moelle épinière qui touche une personne sur un million!

L’histoire de l’équipe victorieuse emmenée par François Pienaar, adapté au cinéma par le réalisateur américain Clint Eastwood dans «Invictus», aurait-elle une face plus sombre?

Les principaux intéressés ont souvent nié avoir absorbé des produits dopants, la Fédération sud-africaine ayant mis en place ses premiers contrôles antidopage à partir de 1992.

«La plupart des joueurs tendaient la main quand le médecin de l’équipe faisait circuler la boîte à pilules (de stimulants) avant les matches», écrit pourtant le capitaine de l’époque François Pienaar, dans son autobiographie publiée en 1999, «Rainbow Warrior» («Le guerrier de l’arc-en-ciel»).