ANIMAUX

La fièvre catarrhale réapparaît: les vétérinaires veulent une vaccination

La fièvre catarrhale réapparaît: les vétérinaires veulent une vaccination

ÉdA

Après une première épidémie en 2006, la fièvre catarrhale ovine ou maladie de la langue bleue semble refaire surface en Belgique, s’alarment des vétérinaires jeudi, appelant à une campagne de vaccination «ciblée et obligatoire».

Contrairement à ce que sa dénomination pourrait laisser penser, la fièvre catarrhale ovine (FCO) s’attaque également au bétail bovin. Elle se répand par le biais de piqûres de culicoïdes, un genre de moucheron minuscule. Si elle peut s’avérer mortelle pour les agneaux et les veaux et même, dans certains cas, pour des animaux adultes (brebis, béliers, vaches et taureaux), la fièvre catarrhale n’est par contre pas pathogène pour l’homme ni les espèces animales autres que les ruminants.

La maladie a refait son apparition en Belgique en début d’année. «Comme le sérotype 8 est endémique dans l’est de la France depuis 2017, nous craignions de le voir se répandre en Belgique», indique l’Union professionnelle vétérinaire (UPV) jeudi.

Les autorités avaient mis des vaccins à disposition des éleveurs, à la suite de l’épidémie de 2006-2007, mais cela n’est plus le cas depuis le dernier trimestre 2018. «(…) les éleveurs souhaitant vacciner (toujours sur base volontaire) ont dû acheter ce vaccin par la filière classique (produit d’importation fort coûteux et par ailleurs peu disponible). Peu de temps après (premier trimestre 2019), le premier cas de FCO a été détecté sur un bovin en province de Namur et la Belgique a perdu son statut ‘indemne FCO’«, déplore l’Union professionnelle vétérinaire.

«Des veaux et agneaux, aveugles, morts-nés, etc… risquent de naître cet hiver après contact avec le virus pendant la période de reproduction estivale. Dans ces conditions, il faut craindre que l’impact de cette maladie soit infiniment supérieur au coût financier d’une vaccination par les vétérinaires traitants, non seulement du fait des animaux malades ou morts, mais surtout des barrières sanitaires à l’exportation de nos produits bovins et ovins», avertissent les vétérinaires.

L’UPV et l’organisation flamande Nuts Dieren Praktici proposent dès lors une «vaccination ciblée et obligatoire» afin de couvrir au plus vite 80% du cheptel. «Suivant l’exemple de la rougeole en médecine humaine, cette procédure pourrait sauver la majeure partie de nos ruminants», estiment les vétérinaires qui suggèrent, au passage, aux autorités d’avoir une vigilance accrue par rapport aux épidémies à venir «qui nous menacent suite aux échanges internationaux et aux changements de climat» et qui «prennent souvent la forme de zoonoses, affectant l’homme aussi bien que les animaux».

Si l’UPV n’a pas encore eu de réponse à ses courriers, elle espère une réaction lors d’une concertation entre la profession et l’Afsca, prévue le 20 septembre prochain.

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