NAMUR

Déstockage au PointCulture : emprunts de tristesse et grande cohue

Mardi midi, drôle d’heure pour un rendez-vous entre dizaines de chineurs venus déstocker le Point Culture.

Ambiance inhabituelle sur le trottoir de la place de l’Ilon. Il est presque midi et une petite foule grandit à vue d’œil aux portes de l’éphémère PointCulture (installé là depuis trois ans, il réintégrera le 21 septembre les nouvelles infrastructures du Delta). Dans quelques instants, ils seront une centaine de mélomanes ou de cinéphages, quelques gamers aussi, à se presser entre les rayons pour gagner la section qui les intéresse: DVD, Blu-ray, chanson française, metal ou musiques du monde. Tout est bradé. 1€/CD, 2€/DVD et 3€/jeu. «C’est un pan de la culture que nous emportons », réagit un passionné. Les sentiments se bousculent: chacun est à la fois ravi de faire de bonnes affaires (quelques pièces introuvables traînent en plus ici et là) et triste de la décision prise par la Fédération Wallonie-Bruxelles de cesser désormais le prêt. Pour se concentrer sur d’autres projets, événementiels notamment.

À profusion ou avec parcimonie

Le temps de réfléchir à la situation, et à ce qui est sans nul doute un appauvrissement culturel pour le citoyen, et déjà d’autres passants sont entrés. Des têtes connues, des piliers du monde de la culture namuroises mais aussi des quidams venus de plus ou moins loin. Bras dessus, médias dessous, certains ont prévu le coup avec d’énormes sacs, d’autres n’y ont pas pensé. Puis, il y a ceux qui n’ont pas assez de leurs mains (ils n’auront peut-être pas assez de leurs oreilles pour consommer tout ce qu’ils emportent avec eux) et trouvent des cachettes pour entreposer leurs piles. Sur quelques heures, quelques centaines de passionnés se seront succédé, dans la profusion comme la parcimonie.

Au comptoir, outre les employés habituels, il a fallu appeler du renfort. Ils tentent de scanner plus vite que leur ombre face à une file qui maintenant s’étend avec des trésors de guerre impressionnants. «Nous nous attendions à beaucoup de monde. C’est le premier des PointCulture qui déstocke.» Les autres sites de Wallonie et de Bruxelles suivront. Sans doute dans la même cohue. Et sur les pochettes des albums et films empruntés à jamais, une étiquette-code barre solidement collée (les puristes devront s’acharner pour l’éliminer) rappellera le bon temps de la Médiathèque et de l’échange chaque fois renouvelé qu’elle permettait.