TOURNAI

Tournai fête les 75 ans de sa libération et adhère au réseau Territoire de la mémoire

Tournai fête les 75 ans de sa libération et adhère au réseau Territoire de la mémoire

Les ouvriers, bon gré mal gré, obligés de déblayer les décombres de la gare en 1944. Archives iconographiques du Tournaisis

La Ville de Tournai a célébré le 75e anniversaire de sa libération par les armées britanniques et américaines. Le 3 septembre 1944, la cité de Clovis était libérée après plus de quatre ans d’occupation allemande. À l’occasion de cette commémoration, la Ville a adhéré au réseau Territoire de la mémoire et s’est engagée à investir dans l’éducation afin de contrer les idées d’extrême-droite.

La cérémonie a eu lieu en présence de représentants des ambassades américaine, britannique, française et allemande mais aussi de nombreux enfants des écoles communales et des anciens combattants.

En s’engageant dans le réseau Territoire de la mémoire, «la Ville s’engage à repousser tous les extrémismes», a déclaré le bourgmestre, Paul-Olivier Delannois (PS), au pied du beffroi, symbole des libertés communales octroyées par la couronne de France au XIe siècle.

Sur le beffroi, une plaque commémorative rappelle d’ailleurs que la cité des Cinq Clochers a été libérée le 3 septembre 1944 par l’armée américaine, d’abord, puis l’armée britannique en raison d’une erreur de communication entre les deux alliés. Le représentant de l’ambassade américaine a rappelé que «cette tragédie collective que fut la Seconde Guerre mondiale a forgé les relations entre les deux États.»

C’est une ville libérée mais complètement ruinée qu’ont découvert les alliés le matin du 3 septembre 1944, après avoir traversé la frontière à Rongy (Brunehaut). Cette journée est d’ailleurs exposée en photos au musée de l’histoire militaire de Tournai, «une ville qui a perdu une grosse partie de son patrimoine historique et qui fut reconstruite en trente ans», a rappelé le bourgmestre.

Plus de 7 000 immeubles furent démolis durant le conflit dont 60% du patrimoine de cette ville bimillénaire.

Les Tournaisiens durent attendre que la rive droite de l’Escaut fût reprise définitivement par les alliés pour connaître des jours un peu meilleurs car, bien que repoussés chez eux, les Allemands ont continué à envoyer leurs bombes sur Tournai, Lille et Mons après la libération de septembre.

Lors de cette cérémonie, les différents discours ont été axés notamment sur l’inquiétude de voir émerger un peu partout dans le monde des extrémismes mais aussi de voir des hommes élus démocratiquement user de la démocratie pour imposer leurs idées par la force et non par la pensée.

«En adhérant à notre réseau, la Ville de Tournai a lancé un signal à ses citoyens », a commenté un membre de l’ASBL Territoire de la mémoire, une association créée après l’apparition des premiers partis extrémistes en Belgique depuis la guerre, c’était au début des années 90.

Depuis, plus de deux cents communes wallonnes et bruxelloises ont adhéré au réseau. À Tournai, des activités pédagogiques seront notamment menées en vue d’entretenir la mémoire et de rappeler aux jeunes générations le drame humain qu’a été la Seconde Guerre mondiale, lancée par un homme élu démocratiquement en 1933.

Une exposition «triangle rouge» a été inaugurée dans l’Hôtel de Ville de Tournai, ce matin.


Nos dernières videos