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Amnesty exige des enquêtes pour poursuivre les responsables des destructions en Amazonie

Amnesty exige des enquêtes pour poursuivre les responsables des destructions en Amazonie

Reporters/Photoshot

Les autorités brésiliennes doivent mener des enquêtes afin de poursuivre en justice les responsables qui ont déclenché les incendies illégaux en Amazonie et empêcher que la forêt amazonienne ne subisse d’autres destructions, a souligné lundi Amnesty International.

L’ONG a lancé à cette occasion une pétition pour que le président Bolsonaro «renforce la protection des territoires indigènes et des réserves environnementales».

L’organisation craint que, faute de poursuites, «la situation va inévitablement empirer jusqu’à la fin du mandat du président Bolsonaro».

«Les incendies qui ravagent la forêt amazonienne sont le signe d’une crise plus générale due aux confiscations de terres et à la déforestation illégales. En théorie, le Brésil dispose de lois fortes destinées à protéger les territoires indigènes et les réserves environnementales. Mais le président Bolsonaro a activement affaibli ces protections, ce qui a conduit aux destructions que nous observons à présent», a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International.

Selon des représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) et des responsables locaux, ceux qui déclenchent des feux sont souvent des individus qui sont encouragés – par des fermiers et des représentants politiques locaux – à occuper des parcelles de terres situées sur des territoires indigènes et des réserves environnementales, indique encore Amnesty.

Depuis avril 2019, Amnesty International s’est rendue dans quatre territoires indigènes différents de l’Amazonie brésilienne. L’organisation souligne que le taux de déforestation y est de presque 80% supérieur à ce qui avait été observé à la même époque en 2018. «Dans certains secteurs, les dirigeants de communautés indigènes ont aussi dit avoir reçu des menaces de mort parce qu’ils défendent leurs territoires traditionnels», selon l’ONG.

Amnesty pointe qu’il s’agit donc à la fois d’une crise des droits humains et d’une crise environnementale. La seule solution, selon elle, passe par le renforcement des capacités des autorités civiles chargées de lutter contre la déforestation et les confiscations illégales de terres.