TÉLÉVISION

VIDÉO | Émue, Marie-Pierre Mouligneau a présenté son dernier bulletin météo après 26 ans de carrière

Après 26 ans de carrière, Marie-Pierre Mouligneau a présenté son dernier bulletin météo sur la RTBF avec beaucoup d’émotion.

«Cela fait 26 ans que je vous parle de la pluie et du beau temps, via le petit écran interposé. Mais les choses évoluent, le monde de la télé change et pour moi c’est le clap de fin», écrit Marie-Pierre Mouligneau.

Ce dimanche 1er septembre 2019, la madame météo de la RTBF a présenté la météo pour la dernière fois de sa carrière. «J’ai adoré raconter, vulgariser, expliquer, jongler avec les anticyclones et les dépressions. Ma formation d’enseignante m’a été, à cet égard, très utile», raconte-t-elle dans une longue lettre.

Après 23 000 bulletins météo, Marie-Pierre Mouligneau ne quitte pas totalement la RTBF. Elle participera toujours aux reportages de l’émission «Quel temps» (tous les jours à 12h45 sur la Une).

 

La lettre de Marie-Pierre Mouligneau

Voilà c’est fini!

Aujourd’hui, c’est le dernier bulletin météo de ma carrière en télévision.

Cela fait 26 ans que je vous parle de la pluie et du beau temps, via le petit écran interposé. Mais les choses évoluent, le monde de la télé change et pour moi c’est le clap de fin.

Une page se tourne, mais l’histoire n’est heureusement pas finie.

L’aventure a commencé au début des années 80. Fraîchement diplômée de l’école normale, je venais d’entamer ma carrière d’institutrice primaire.

De la radio avec Adrien Joveneau

Pendant mes heures de loisirs, je faisais de la radio avec Adrien Joveneau à Radio Pays Vert à Ath dans ma ville natale.

La radio a d’ailleurs été ma première passion.

Je suis entrée à la RTBF en 1986 pour faire quelques apparitions dans l’émission «L’esprit de famille» avec Philippe Geluck puis dans «Billets doux» avec Thierry Luthers. Les plus âgés d’entre vous s’en souviennent peut-être.

Après quelques années dans l’enseignement, ma carrière radiophonique à la RTBF a démarré avec des émissions comme «Top 50 et bonbons menthe» où j’ai retrouvé mon complice de toujours Adrien Joveneau, et puis «Appelez, on est là!» ou encore «Les Arsouilles», une émission destinée aux enfants. J’ai aussi participé à la grande aventure du «Beau vélo de Ravel».

C’est à la radio que j’ai eu la chance de rencontrer celui qui allait marquer un tournant dans ma carrière professionnelle. Jules Metz, le monsieur météo de la RTBF.

Pour la petite histoire, il était originaire de Neufchâteau comme ma grand-mère qui avait été sa baby – sitter.

«Un rêve inaccessible»

Je lui ai fait part de mon intérêt pour la météo que je regardais à la télé depuis toute petite.

Pour moi, présenter la météo était un rêve inaccessible. Il m’a convaincu que rien n’était impossible pour qui le voulait vraiment et j’ai dès lors postulé au service concerné.

La productrice, en place à l’époque, m’a d’abord dit «Jeune fille, on ne devient pas présentatrice météo comme cela, vous rêvez.»

Quelques mois plus tard, elle m’a recontactée. Deux présentateurs de son équipe partaient. Elle avait besoin de quelqu’un de toute urgence. Bref, j’étais là au bon moment.

Tout est allé ensuite très vite. La formation au Wing météo, les essais en studio et les premiers bulletins météos.

Il a fallu apprendre à travailler sans prompteur, et pour moi qui avais une mauvaise mémoire, l’exercice s’annonçait difficile.

J’ai adoré raconter, vulgariser, expliquer, jongler avec les anticyclones et les dépressions. Ma formation d’enseignante m’a été, à cet égard, très utile.

J’ai aussi aimé faire visiter le studio météo et expliquer l’évolution des bulletins au fil du temps.

Aller parler de mon métier et du changement climatique dans les écoles, rencontrer les présentateurs du monde entier au Forum annuel de la météo à Paris et faire découvrir notre studio au Roi Albert et à la Reine Paola, très intrigués par le fond vert.

23 000 bulletins météos

26 ans de présentation, c’est environ 23 000 bulletins météos, des heures d’antenne, des milliers de téléspectateurs.

Mais c’est aussi des collègues formidables, des techniciens ou des opérateurs patients, des directeurs photos qui m’ont mise en lumière, une direction qui m’a fait confiance.

Aujourd’hui, je les remercie tous, du fond du cœur.

Et puis je remercie aussi avec chaleur les téléspectateurs qui m’ont suivie toutes ces années avec tellement de bienveillance. Un merci particulier aussi à mes proches et à ma famille pour leur soutien indéfectible.

Je suis également particulièrement fière et heureuse d’avoir découvert de nouvelles têtes comme Tatania Silva et d’avoir formé pas mal de présentateurs.

Un petit pincement au cœur

C’est vrai, je l’avoue, je passe de la lumière à l’ombre avec un petit pincement au cœur. Mais il y a plus grave dans la vie, j’en suis bien consciente.

Et puis, ma vie professionnelle n’est pas terminée, loin s’en faut. Je ne disparaîtrai pas tout-à-fait des radars météos.

Je vous retrouverai encore en radio pour les nouvelles du temps et puis j’irai toujours sur le terrain à la rencontre de ceux et celles qui sont tributaires de la météo pour les reportages de l’émission «Quel temps» (tous les jours à 12h45 sur la Une). J’espère continuer à pouvoir partager l’expérience acquise, tout au long de ces années, dans ce domaine qui me tient particulièrement à cœur.

Alors je vous dis, non pas au revoir, mais plutôt à bientôt pour de nouvelles aventures qui, je l’espère, seront tout aussi enrichissantes et enthousiasmantes.

Marie-Pierre Mouligneau