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Les gardiens de prison veulent leurs pantalons

Les gardiens de prison veulent leurs pantalons

- ÉdA

Le manque d’uniformes est dénoncé depuis longtemps par les syndicats du personnel pénitentiaire.

Les syndicats du personnel pénitentiaire réitèrent leurs griefs concernant le manque d’uniformes pour les gardiens de prison. «Ils doivent attendre sept ans pour avoir un nouveau pantalon d’uniforme» a dénoncé jeudi Filip Dudal (ACV), délégué du syndicat chrétien. Son organisation a déposé une plainte contre le ministre démissionnaire de la Justice Koen Geens ainsi que l’administration pénitentiaire.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel problème est dénoncé en ces termes. Le syndicat socialiste confirme les manquements. «Le personnel devait recevoir des bons pour des chaussures. Il vient d’être informé qu’il n’y avait plus de budget», relate Gino Hoppe (ACOD/CGSP).

Renvoyé chez lui parce qu’il était en short

Un gardien de la prison de Wortel a été renvoyé chez lui par son supérieur mardi parce qu’il était venu travailler en short. «Il faisait 32 degrés dans l’atelier. Je voulais simplement exercer ma fonction de manière un peu plus confortable», a expliqué Luc Cornelissens dans les colonnes du Nieuwsblad. Ce dernier entendait par son action mettre au jours les carences. «J’attends un nouveau (pantalon) depuis trente ans mais il ne vient pas», a-t-il dénoncé.

Les organisations ont déjà mis le ministre en demeure dans le passé. «Les gardiens sont obligés de porter un uniforme mais certaines pièces ne sont plus disponibles. Il faut en moyenne sept ans pour un pantalon», explique Filip Dudal. «Le personnel s’arrange en portant un jeans ou un pantalon acheté dans un magasin de bricolage», a-t-il ajouté en dénonçant une mesure d’économie déguisée de l’administration de la Justice.

Longtemps, la pénurie de pantalons de travail a été imputée à la faillite du fournisseur, l’entreprise Pelsmaecker. «Mais cette faillite date d’il y a plusieurs années. Un nouveau fournisseur a été trouvé entre-temps mais l’arriéré reste important. Il importe d’enclencher une dynamique de rattrapage», a convié le délégué.

«Un arriéré limité»

Dans le Nieuwsblad, l’administration évoque pour sa part «un arriéré limité en ce qui concerne la livraison des pantalons d’uniforme». Les syndicats réfutent. «C’est le grand n’importe quoi. L’arriéré est important», réplique Gino Hoppe du syndicat socialiste. Et le problème ne se situe pas qu’au niveau des pantalons, ajoute-t-il, rappelant l’absence de budget pour les chaussures.

Auprès de l’agence BELGA le cabinet du ministre Koen Geens n’a pas souhaité réagir, préférant renvoyer à l’administration. Celle-ci s’est également abstenue de tout commentaire.