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De la prison ferme pour avoir organisé une action anti-migrants dans les Alpes

De la prison ferme pour avoir organisé une action anti-migrants dans les Alpes

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une vaste opération au col de l’Échelle, point de passage de nombreux migrants dans les Hautes-Alpes. AFP

Le tribunal correctionnel de Gap a condamné jeudi à des peines de six mois de prison ferme trois responsables de Génération identitaire, après des actions anti-migrants menées dans les Alpes par cette association d’extrême-droite au printemps 2018.

L’association est condamnée à l’amende maximale de 75 000 euros.

Dans sa motivation, que l’AFP a pu consulter, le tribunal considère que, «compte tenu de la nature extrêmement grave des faits, de l’importance du trouble à l’ordre public occasionné non seulement pendant leur période de commission mais de manière durable dans le département, de l’importance des valeurs protégées par les infractions reprochées et du passé pénal des prévenus», la prison ferme s’impose.

Les trois prévenus étaient poursuivis pour des «activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique».

De la prison ferme pour avoir organisé une action anti-migrants dans les Alpes
Clement Gandelin. AFP
Contre Clément Gandelin (dit Galant), 24 ans, président de Génération identitaire, son porte-parole Romain Espino, 26 ans, et un organisateur actif du mouvement, Damien Lefèvre (dit Rieu), 29 ans, le tribunal a également prononcé 2 000 euros d’amende, ainsi que la privation de leurs droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans.

Appel

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une vaste opération au col de l’Échelle, point de passage de nombreux migrants dans les Hautes-Alpes.

Une centaine de personnes vêtues de la même doudoune bleue s’étaient mobilisées, avec deux hélicoptères, une banderole géante, et une «frontière symbolique» matérialisée dans la neige par des grillages en plastique. Dans les semaines suivantes, les militants d’extrême-droite avaient annoncé des interceptions de migrants et des enquêtes sur les passeurs.

Me Pierre-Vincent Lambert, avocat des prévenus, a d’ores et déjà annoncé que ses clients feraient appel de la décision.