VIDÉO| Sieste perturbée avec des rappeurs engagés dans le… bio

Sur le coup de 15 h, dans ce samedi après-midi torride, nous cherchions de l’abri et nous sommes entrés dans le Belvédère. Nous n’étions pas les seuls. À bord de ce drôle de vaisseau scolaire improvisé, ébouillanté, petits et grands s’étaient assis pour écouter religieusement (ça n’allait pas durer) Pang! Rien de guerrier mais trois rappeurs bruxellois: Adrien Delval, Florian Jubin et Mc Rien à Dire. Sauf qu’ils ont tout à dire et à faire rire et qu’ils cultivent l’amour des mots et de leurs sens (parfois doubles ou mis en jeu) comme de savoureux légumes.

L’heure est à la récré et les trois artistes mouillent leurs chemises pour, mine de rien, parler respect et tolérance, faire barrage au harcèlement. Les applaudissements sont nourris, les têtes blondes fascinées. Puis, les amuseurs deviennent autoritaires, le temps de pause est fini: «Qu’est-ce que c’est que ce bazar? Tout le monde debout, en rang deux par deux. Vous croyez que c’est en restant assis qu’on va changer le monde?» Le calme est revenu, le cours d’anglais peut commencer. «On va apprendre les ‘vegetables’. Vous savez comment on dit laitue en américain? ‘Lettuce’. Le navet? ‘Turnip’. Et la betterave? ‘Beet’. Et la roquette? ‘Rocket’. » À coup de «repeat after me» et de prononciation exagérée, le trio emmène l’assemblée dans sa danse aussi didactique qu’irrésistible. «Let us, turn up the beat and rock it».

Passé roi des interventions urbaines spectaculaires, pour une agriculture biologique, Pang! a réussi un joli coup dans l’écrin du Belvédère prouvant que le fun peut aider à semer des petites graines sensibilisatrices. Le rap aussi est plus chaud que le climat.