NAMUR

DIAPO | Tout le monde veut seulement l’oseille, mais la reine c’est Angèle trônant sur la citadelle

Sur le coup de 21 h, après une journée devenue irrespirable au fil des heures et de concerts séduisants, Angèle a débarqué sur la «mainstage», très attendue. Et plus encore.

«Je l’avais déjà dit l’année passée mais je ne reviendrai plus.» Signe d’agacement d’une festivalière partagé par bien d’autres. Dans la file qui serpente jusqu’à l’Esplanade, il a fallu prendre son mal en patience et assez tôt. Une heure avant le concert, il était impossible de trouver une place à moins de cinquante mètres de la scène. Et encore, en forçant le passage. Ah qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte à ciel ouvert.

Les minutes passent, les esprits s’échauffent parfois, certains ne voient rien (heureusement les deux musiciens – un batteur, un claviériste – sont surélevés), d’autres se bousculent à qui mieux mieux pour gagner quelques places. «Plus qu’une minute», décompte une jeune fille en sautant comme un I.

Le jeu de lumière se met en place, les musicos s’excitent sur leurs machines et deux yeux, géants nous observent. Angèle apparaît, armée d’un bazooka bling bling, doré mais factice, ouf. Qu’il est brillant, cet obscur objet du désir attendu, une journée durant, des grands et des petits (qui rendent les grands encore plus grand, juchés sur leurs épaules).

Tout le monde veut seulement la thune, et tout le monde chante en chœur à la lune. La chorale est enrichie de plus de 20 000 personnes. Angèle est véritablement la reine de cette édition. La voix suave fait des ravages, la musique électrise et fait se dresser les cheveux sur les crânes. Pour la chorégraphie, la jeune chanteuse, athlétique, ramène des Claudettes, ou est-ce des Angelettes? Le public est hystérique mais ce show manque finalement de spontanéité, trop maîtrisé. Mais d’une efficacité et d’une fraîcheur redoutables.

Ces dernières années, on a vu beaucoup de jeunes pousses belges être frappées d’un succès foudroyant (Alice on the roof, Loic Nottet…), Angèle est peut-être la plus impressionnante. Dans nos souvenirs, jamais un artiste francophone, même Johnny, n’avait rempli à un tel point l’esplanade (mais aussi les gradins, les escaliers, bref tout partout) de la citadelle de Namur. Qu’on aime ou pas, c’est mémorable. Et toutes les contrariétés de la journée s’envolent dans la nuit naissante. Angèle veut nos yeux, elle a bien plus, les bras, les voix, toutes les pensées.