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Au cœur de l’Himalaya, le «lac aux squelettes» renferme un étrange mystère

Au cœur de l’Himalaya, le «lac aux squelettes» renferme un étrange mystère

Le lac Roopkund, connu dans le milieu scientifique comme le «lac aux squelettes», n’a semble-t-il pas fini de livrer ses mystères. Que du contraire! Atish Waghwase

Lorsque les températures remontent, de nombreux restes humains apparaissent dans une étendue d’eau nichée au cœur de l’Himalaya, sans que les chercheurs ne puissent dire d’où ils proviennent ni de qui il s’agit. Le mystère est total.

Connaissez-vous le lac Roopkund? Mieux connue sous le surnom de «lac aux squelettes», cette petite étendue d’eau nichée à 5 000 mètres au-dessus du niveau de la mer dans la chaîne de l’Himalaya abrite un mystère que les scientifiques s’efforcent de percer depuis des décennies.

En effet, ce lac situé quelque part entre la Chine et l’Inde abrite de nombreux ossements humains, lesquels remontent à la surface lorsque montent les températures.

Des squelettes de différentes périodes de l’histoire

Une équipe de chercheurs a récemment soulevé une partie du mystérieux voile entourant ce phénomène. Mais plutôt que de répondre aux grandes questions que pose cet étrange lac, leur travail a assombri davantage encore la compréhension du phénomène.

En effet, tel que révélé dans un article daté du 20 août au sein de la revue Nature Communications, les chercheurs ont démontré que le site n’abrite pas les cadavres d’une seule et même civilisation, mais bien des corps provenant de différents groupes et populations tombés là à de multiples moments de l’histoire.

«Cette découverte montre la puissance de la datation au radiocarbone», estime Douglas J. Kennett de l’Université de California, repris par Eureka Alert !. «Car on supposait auparavant que les squelettes du lac Roopkund étaient le résultat d’un seul événement catastrophique.»

Au cœur de l’Himalaya, le «lac aux squelettes» renferme un étrange mystère
La revue spécialisée Nature Communications a publié les surprenants résultats de l’étude menée sur 38 squelettes ramenés du lac Roopkund, niché à 5 029 mètres d’altitude. Himadri Sinha Roy/ Atish Waghwase

Si la plupart des squelettes datent de la période entre les VIIe au Xe siècles, certains sont bien plus récents et remonteraient au XVIIe siècle. Plus étonnant encore, ces derniers comporteraient des séquences ADN pouvant laisser penser qu’il s’agirait de Grecs. Mais que diable des Grecs venaient-ils faire en cet endroit et à cette époque?

«Nous avons été extrêmement surpris par les génomes des squelettes du Roopkund», reprend Éadaoin Harney, doctorante de l’Université d’Harvard et premier auteur de l’étude, cité sur Geo. La présence d’individus avec une ascendance typiquement associée à la Méditerranée orientale suggère que le lac n’était pas un site d’intérêt local, mais qu’il attirait plutôt des visiteurs du monde entier».

Le mystère reste entier

Les études n’ont jusqu’ici pas pu déterminer l’origine de la mort des multiples individus dont les restes affleurent lors de hausses de température. Aucune trace d’infection ou de maladie n’a été recensée sur les squelettes. Aucune preuve de guerre ou de combat, ni aucune arme n’a jusqu’ici pu être retrouvée. Aucun lien familial n’a en outre pu être relevé entre les différents corps, alors qu’il s’agit d’enfants pour certains ou de vieillards pour d’autres.

Alors que l’hiver arrive dans cette contrée du monde et que les squelettes se font dès lors plus rares, l’équipe de chercheurs est ainsi rentrée au bercail. Mais elle compte bien poursuivre ses recherches dès le printemps prochain.

Le National Geographique rapporte ainsi que les trois chercheurs à l’origine de ces découvertes reprendront le chemin du lac Roopkund au printemps prochain, avec cette fois la mission de travailler également sur les objets archéologiques présents sur le site. Et avec, surtout, le but de comprendre le mystère qui entoure aujourd’hui le «lac aux squelettes».