JETTE

EN IMAGES | A Jette, des moutons combattent l’irréductible Renouée du Japon: «Une plante qui a aussi des avantages»

Depuis quelques années, la commune de Jette utilise des Moutons pour stopper l’invasion de la Renouée du Japon dans les talus du Heymbosch.

Si dans les bandes dessinnées d’Uderzo, les romains combattaient l’irréductible village gaulois d’Astérix et Obélix, pour les élus communaux de beaucoup de villes wallones et bruxelloises l’ennemi irréductible s’appelle désormais la Rénouée du Japon. Mais un peu partout, comme ici à Jette, la lutte s’organise pour en venir à bout.

Mis à part quelques filets orange pour délimiter leur enclos, difficile de se douter de la présence de ses trois moutons en plein travail dans les talus du Heymbosch, à Jette.

 

Les pelouses du bois de La Cambre par exemple étaient tondues par des moutons par le passé.

 

Pourtant, depuis quelques années la petite commune du Nord de Bruxelles tente d’éradiquer la propagation de la Renouée du Japon en utilisant quelques ovins de la Ferme pour enfants toute proche. «On revient en quelque sorte à ce qui se faisait avant, rappelle Bernard Van Nuffel, échevin à Jette. Les pelouses du bois de La Cambre par exemple étaient tondues par des moutons par le passé.»

À la base, le site des talus du Heymbosch aurait dû accueillir des maisons et immeubles comme les espaces aux alentours. La zone était en effet désignée comme «à bâtir», mais il y a une vingtaine d’années, la majorité de l’époque a décidé d’un autre avenir pour cet endroit et l’a transformée en terrain protégé. «Pourtant ceux-ci avaient et auraient toujours une très haute valeur marchande, précise l’échevin. C’est un beau cadeau que nous ont fait nos prédécesseurs.» Car aujourd’hui, grâce notamment à son relief particulier en talus, l’endroit s’est transformé en un territoire de haute valeur biologique.

 

On lutte contre la Renouée dans nos parcs, dans nos bois, le long des talus du chemin de fer, etc. un peu partout dans Bruxelles d’ailleurs.

 

Mais ce petit coin de paradis l’est également pour la Renouée du Japon, cette plante invasive importée de l’extrême orient, véritable calvaire des élus communaux. Là où la Renouée se développe elle ne laisse guère de place pour ses voisines. Depuis longtemps, les communes tentent de limiter sa propagation. «Elle tend à éliminer l’ensemble des autres végétations, confirme l’échevin Écolo. On lutte contre la Renouée dans nos parcs, dans nos bois, le long des talus du chemin de fer, etc. un peu partout dans Bruxelles d’ailleurs.»

Depuis quelques années, la commune de Jette, comme d’autres à Bruxelles d’ailleurs, a décidé de mener cette expérience pilote dans les talus du Heymbosch. «On utilise les moutons de notre ferme pédagogique, détaille celui qui est en charge de l’Aménagement urbain et des Plantations, des Serres et des Parcs communaux. On les amène ici pour qu’ils puissent paître cette Renouée qui est en fait une plante comestible.»

Pour l’heure, la mission des moutons jettois n’est qu’un projet pilote. Seront-ils suffisamment affamés pour en venir à bout? «L’expérience le dira, reprend Bernard Van Nuffel. On bouge les moutons d’une partie à l’autre, mais on remarque aussi qu’ils restent encore des parties du parc où il reste pas mal de Renouée, mais nous avons seulement quelques moutons. C’est plutôt à titre expérimental, mais cela semble fonctionner. Cela permet d’affaiblir les rhizomes et de limiter la prolifération de la plante sur l’ensemble de l’endroit. L’expérience pourrait être menée ailleurs, mais pour cela il faudrait que l’on développe notre cheptel.»

 

C’est même apparemment un mets assez raffiné qui se consomme beaucoup au Japon.

 

Mais si pour beaucoup, la Renouée du Japon n’est qu’un véritable cauchemarde, l’élu jettois tente lui de voir le positif. «On essaie en tout cas d’en tirer le positif maintenant qu’elle est là, termine l’échevin. Effectivement, c’est une forme de nourriture. Les pousses sont d’ailleurs consommables pour l’alimentation humaine. C’est même apparemment un mets assez raffiné qui se consomme beaucoup au Japon (NDLR: Certain à Bruxelles en font même de la glace). Autant en tirer parti du potentiel que cette plante nous offre.»

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